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SEPTIESME LIEU
fermera avec du gros liège : matièi’e de
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perpétuelle durée, demeurant dans l’eauet sans aer. Et à ce que , par malice ousottise, le trou ne s’ouvre que lors qu’ilvous plaira , sur icelui par le dehors ,sera jettée bonne quantité de terrain , depierres , ou autres choses qu’ageanceréspour empescher ce désordre , qu’au be-soin fèrés oster : et quoi-que cela soitavec peine , icelle ne causera pourtanttrop glande despence , pour la rarité dece remuement. La porte de la mère de-meurera aussi continuellement fermée àclef, avec son huis pour l’ouvrir et fermerlors que pour plaisir on visitera la fon-taine , ou qu’il y aura quelques cas àrabiller.
A l’un des costés de la mère , celui re-gardant l’endroit auquel vostre fontainedécoulera, sera laissée la vuidange dela fontaine ; d’où l’eau claire et nettese deschargera, versant en haut, aprèsavoir laissé en bas tout le terrestre , et laNaiamce crasse que l’eau traisne quand-et elle. En
des tuiaux il* 1*1
de la foa. tel endroit commenceront les tuiaux, lepremier desquels sera creusé dans unegrosse pierre de taille bastie au traversdu mur. Ceste pierre sera choisie fortlongue, car non seulement faut qu’elletraverse la muraille , mais qu’elle la sur-saille des deux endroits : en dedans quel-ques trois quarts de pied, en dehors tantque la longueur de la pierre fournira de-quoi. L’on persera la pierre de son long,commenceant d’un bout, jusqu’à quatredoigts près de l’autre , et d’icelui l’ache-vant non aligne droicte, ains à l’esquièreou de la figure du coude. Après l’on po-sera la pierre en lui faisant traverser lamuraille et sur-saillir en dedans, commea esté dict : mais ce sera du bout ainsi
persé en angle droict, et de telle sorteageancé, que l’ouverture regarde en hautvers la vouste de la mère , afin que l’eaude la fontaine se vuidant, turnbe per-pendiculairement dans le trou, pour delà prendre son droict chemin selon le ni- , *veau qu’on lui aura donné, en sortant dela mère par l’autre bout de la pierre , en-trant dans le tuiau , là cimenté : et à ceque rien de sale et d’importun ne soitporté dans les tuiaux, le trou susdict fai-sant l’entrée de l’eau, sera couvert d’unegrosse boiste de plomb persée dru et menucomme un crible , où le nuisible s’arres-tera. Pour laquelle faire tenir , oster, etremettre à volonté, sera la pierre accom-modée à la boiste, de telle sorte que lapierre entrant dans le plomb, en soit en-velopée comme la teste du chapeau, oucomme un massepain de son couvercle :ayant pour ce faire , la boiste , quatregrands doigts de bord.
La matière dont les tuiaux sont fa- Les tiiiauî
, -î. ii /• et leurs di
çonnes est diverse, selon les pays et tan "* verses matasies. Ils peuvent estre faicts de pierre detaille, de plomb , de bois , et de terre depotier, de chacune desdictes matières bienà profit.
L’usage de la pierre en tuiaux de fon- pierre.taine , est fort ancien, comme on le re-marque par les ruines des bastimens an-tiques: délaissé toutes-fois puis long-tempsen çà, à cause de la cherté de l’oeuvre ,telle matière n’estant employée qu’en pe-tite estendue de canal, et encores ès lieuxesquels elle abonde.
Le plomb est encores en service en plu- De P i°mb.sieurs endroits, contre l’avis des méde-cins qui tiennent l’eau passant par iceluin’estre saine, à cause de la céruze s’en-gendrant dans ce métal. Ce doubte,quoi-