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SEPTIESME LIEU
Ve terre. Les potiers choisiront curieusement laterre des tuiaux , pour les rendre bons enperfection , comme article fondamental ;de mauvaise matière ne pouvant jamaisfaire bon ouvrage. Et délaissé à chaqueouvrier son stile touchant le maniementde la terre , j’instruirai le potier de faireles tuiaux d’un pied et demi de longueurchacun, les quatre faisans la toise 5 d’ou-verture ou vuide pour le passage de l’eau,de deux ou trois poulces en diamètre :d’espesseur , un poulce : poinctus parl’un des bouts, avec un bord ou retenaildeux doigts près , pour de telle mesure ,entrer l’un dans l’autre. Seront ronds de-dans et dehors : si mieux on n’aime lestenir quarrés seulement parle dehors, àl’imitation des Antiques , qui de tellefigure nous en ont laissé en leurs vieuxbastimens ( fondés , à mon avis , sur ceque plus ferme se tient dans terre lequarré que le rond , et partant mieuxs’attachant le ciment en ceste figure-là,qu’en ceste-ci). Par le dedans vitrera-onles tuiaux, afin de nettement et bien re-tenir l’eau , et que par telle polissure,les vices de l’eau en glissant, peu oupoinct s’y attachent, comme sont le tuf, etcertaines racines subtiles qui s’accroissentdans les tuiaux, quand elles s’y peuventarrester, à la ruine de la fontaine. Ainsifaçonnés, les tuiaux seront de perpétuelledurée, causée par la grossesse de l’ou-vrage : car quoi-que plusieurs les requiè-rent plus minces, la raison veut tumberplustost de les faire trop espès que peu. Surtous lesquels articles, à cestui-ci, très-cu-rieusement avisera le potier, que de cuireen perfection les tuiaux : à faute de quoifaire, en vain édifieroit-on la fontaine,avec l’eau se perdant, et argent et labeur.
Telle provision faicte, le chemin que Préparer U
k p • \ • • 1 / chemin de la
fontaine a a tenir, sera mvele, comme f onsairie .devant celui du canal. Une fosse serafaicte, large de deux pieds , et profondede quatre à cinq, sans espargner les ro-chers ; on la creusera d’esgale largeur,pour à l’aise y asseoir les tuiaux. Comme Bastir lasi on vouloit jetter les fondemens d’une "‘ü/ermlitu,maison, commencera - on à bastir une de '
bonne muraille à chaux et sable, quiremplissant tout le vuide de la fosse , serendra suffisante pour commodément re-cevoir les tuiaux. Sur un pied de basti-ment, au milieu de la muraille, posera-on les tuiaux ; et là noyés , dans le bonmortier bien gras, seront environnés debonne maçonnerie, un pied de chacuncosté , dont le dessus et extrémité dela muraille seront finalement couverts,avec des pierres plattes bien maçonnées,pour rejetter les pluies : et le reste de lafosse recomblé de terre. Mais ce seraaprès avoir marié les tuiaux l’un avecl’autre, et si bien joincts par-entr’eux,que tous ensemble ainsi unis , commesemblans estre une seule pièce, retien-nent l’eau parfaictement bien, pour n’enperdre une goutte erj chemin.
Par exquis cimens cela sefaict, notable cimenter
« 1 . 1 1 1 * ? es tuiaux
science du tontamer , laquelle ignorant , r u „ à l'autre .en vain attendra-on l’eau en la maison :car se perdant en chemin, l’entière oeuvredeviendra inutile. Diverses sortes de ci-ment y a-il, qu’on compose selon la di-versité des ouvrage». En la conduicte dela fontaine, heureusement, se sert-on dedeux sortes de ciment, l’un chaud, l’autrefroid, tous deux estans fort valeureux,mais de prix différent, cestui-là, se fai-sant à meilleur marché que cestui-ci.
Pour l’espargne, le ciment chaud, seul,