DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 55/
des longues pluies, tout le lieu demeu-reroit inondé , avec beaucoup d’importu-nité. Le dessus du sablon (sans y ad-jouster aucune argille) est universelle-ment pavé avec toute fermeté, comme lereste du plan de la basse-court. J’ai mar-qué la figure quarrée, comme pour exem-ple , à laquelle n’estans astraints de s’as-sujettir , l’on peut faire la cisterne detoute autre figure qu’on veut, ronde ,triangulaire , pentagonne , etc. , selonle lieu où l’on est. Ainsi de la capacité,bien-que la plus grande cisterne est tous-jours la meilleure ; mesme ceste-ci veutestre plus grande que les communes ,attendu le sablon qui occupe de la place,dont de nécessité convient le réceptacleestre grand, si l’on désire avoir abon-dance d’eau. Mesme liberté est donnéeau puits , touchant la figure et largeurde son ouverture , pour en disposer àvolonté. Voilà la cisterne du seigneurBalbani, qu’il a mis en évidence, àla commodité du publiq : ce que le roiayant recogneu, par privilège exprès ,lui a permis l’édification des cisternes detelle invention , durant vingt-cinq ans ,privativement à tous autres n’ayans per-mission de lui.
CHAPITRE VI.Les Mares.
c>ont en service , ès endroits où défail-lent les eaux coulantes, et où y en a desous-terraines non guières profondes :avec lesquelles s’ad-joignent, sans arti-fice, celles des pluies, s’assemblans dansune fosse , pour la provision de toute
l’année : non pour le boire ordinaire despersonnes, car ce sont les puits qui enfont le service. La mare donques est une Qu’est-ce
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large losse ? cavee , non a plomb , ainsen douce pente de tous costés , afin que( pour aller boire) le bestail y puisse des-cendre aisément , comme par le bordd’une rivière. Elle est enfoncée au mi-lieu , toutes-fois modérément, où l’eaudes sources s’assemble avec celle de lapluie. De nécessité la mare veut estre -agrande , tant pour l’abondance de l’eau,que pour la qualité : ne pouvant, petit ré-ceptacle, contenir tant d’eau, ne si bonne,qu’un
bonté, la grande que la petite quantitéd’eau, attendu l’aer et les vents, quimieux l’agitent en place ample , qu’enserrée. Donques, sans crainte d’excéder, Commentnous ferons la marc tant grande que j)our-rons, ressemblant à un petit estang, sansespargner , ne le fons , ne la peine de lecaver. Incontinent l’avoir creusée , nousen paverons des bords à l’entour, tantavant qu’il sera possible , afin d’éviterd’ensalir l’eau, par le trépis des bestesallans boire : lesquelles marchons sur laterre nue et mouillée , en l’enlevant avecles pieds , gasteroient la mare, s’il n’yestoit obvié par le pavé ; mais avec iceluiquelque bestail qui aille et vienne à lamare , l’eau en demeurera tous-jours enmesme estât. Ceste mare sera dresséeloin des fumiers, pour la netteté de l’eau:car comme avons dict des puits et cis-ternes, le voisinage des ordures est tous-jours préjudiciable, et à gens, et à bestes.
Outre ceste mare-ci, une autre en sera Autrefaicte pour le service des canars, oies , "Zîùmgtet autres bestes aquatiques, qu’on nourriten la maison : et pour y mettre tremper
grand. Car mieux se conserve en