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SEPTIESME LIEU
des cercles , oziers, bois des charrues etsemblables de mesnage. Aussi y rouir etnaiser du chanvre et du lin , et faire au-tres services. On la prendra grande ,pour pouvoir sat isfaire à toutes ces choses :seulement p>our l’abondance de l’eau, carquant à la bonté , n’est besoin d’y aviser,veu qu’elle n’est destinée pour boire. Lafigure des mares sera à la volonté , encela n’y ayant autre sujectionque le lieu,auquel convient s’accommoder : car quar-rées , rondes , ou autres , se rendront-elles tous-jours de bon service (12).
CHAPITRE VII.Les Bois en général.
Nous avons veu que c’est que l’eau , encombien de sortes, et comment l’on s’enaccommode : maintenant traicterons dubois , pour nous en fournir autant abon-damment, et aussi tost que la Naturele permet : dont la maison s’en rendratrès-bien accommodée. Il est certain quela terre pourveue d’eau et de bois, est laplus désirable habitation de toutes autres,Discours approchante de la perfection. Mais s’ilri est question de clocher, comme rarementvoid-on les choses de ce monde allerdroict, sans toutes-fois toucher à l’hon-neur de l’eau ci-devant représenté j jedirai, sous le jugement des gens d’esprit,plus supportable estre le défaut de l’eau,que du bois. Et pour mieux m’expliquer,j’ad-jouste , que plus passable est l’ha-bitation dans laforest, meublée de toutessortes de bois, sans y avoir autres eauxque de cisterne , que celle qui est excel-lemment bien pourveue de fontaines,
ruisseaux , rivières, et semblables eauxageancées à plaisir : où pour tout chauf-f'age , on n’a que maigrement des ar-bustes , des racines , des pailles, des ga-zons , d’herbe, de terre , de fiente debeuf , du charbon de pierre , des osse-niens, comme en certains endroits d’An-gleterre, de Flandres et ailleurs, où lespeuples ne se chauffent que de telles dro-gueries ; raesme en Frise , et Hollande,où les mottes qu’ils appellent, torf (i 3 ),sont employées à tel usage. Cela s’en-tend pour la commodité de l’habitationparticulière , car à la richesse du trafiq ,je ne touche, estant ce chose sans fons,que la navigation sur les grandes eaux.
Si ès forests l’on n’a le plaisir de voir lesmignardises des fontaines, on a celui desombrages , et l’agréable séjour dessousles arbres en toutes saisons, mesme enhyver parans les froidures. Au lieu ducontentement de la pesche et du servicedu poisson, est la délectation de lâchasseet le profit des bestes sauvaiges qu’on yprend. Il semble que les grands seigneurs,par leurs continuels exercices, facent plusde cas de la chasse , que de la pesche.
Que les rois mesme consentent à telleopinion , en ce qu’ils passent plus sou-vent le temps à chasser , qu’à pescher ,faisans estât d’aller ordinairement à l’as-semblée : et tenans en reng honorableprès de leurs personnes le grand veneur,sans parler de grand pescheur. Aussi pour piu, d,
1 1 i bonnes mai *
I ces choses } plus de grandes maisons se tom danx hstreuventbasties dans les forests, que dans, T.
ou joignant les rivières : et pour la coin- r ' v ‘ ïre ‘-
i modité du chauffage avec, qui pour toushommes est très-grande , voire en telleréputation est le feu en hyver, qu’il estestimé la moitié de la vie de l’homme,
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