DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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Commoadité, Ce sont les forests qui fournissent dudu tu,,. j 3o ' s ^ p 0ur p appareil des viandes, pourse bastir et meubler, pour faire du char-bon, de la chaux, des tuilles et briques ,des ustenciles de terre et de verre , àfondre les minéraux , et à mille autreschoses utiles, nécessaires , et plaisantes ,comme à retirer infinité d’oiseaux. Nulne doute de la santé du séjour ès forests,estant, au jugement d’un chacun, plussalutairele sec, que l’humide. En somme,sans nombre sont les services du bois,duquel nostre père-de-famille se pour-veoira, cas estant que son domaine n’ensoit meublé. Et quoi-qu’en cela y aie dela longueur, si est-ce, que pour telle con-sidération , ne doit-il désister d’y mettrela main, avec diligence, s’asseurant quel’attente du secours n’en sera tant grande,que dans huit ou dix ans, ne la voye aveccontentement. Sans délai donques, com-mencera à ouvrer en cest endroit , à ceque tant plustost il jouisse du fruict deses labeurs , que plus diligent aura estéà planter et eilevcr ses arbres.
Quand on parle du bois en général ,s’entend du sauvaige : nom appartenantà toutes espèces d’arbres qui n’ont estéapprivoisés par artifice , lesquels la terreproduict naturellement : dont se formentles grandes forests , quand par longuesguerres, pestes , famines, et autres chan-gemens, esquelsles hommes sont sujets,les pays se des-habitent, et demeuransles terres désertes, serevestent des plantessusdictes 3 mais avec distinction des lieuxet des races : car la Nature accommodantles plantes, donne quartier aux sèches etfroides, ès montaignes eslevées : aux hu-mides et chaudes , ès vallons enfoncés :et ès autres composées de ces deux qua-
Bonis
sauvaiiige.
lités là, ès plaines tempérées. A quoi lapropriété du fonds intervenant, causeici la production d’une sorte de plantes ,et là d’une autre , selon que la terre serencontre diversement sablonneuse ouargilleuse. Ainsi par juste despartement,chacune est mise en son reng. Or n’estantquestion en cest endroit, que de se fa-çonner des forests , principalement pourl’espérance des bois de haute fustaie , duchauffage , et du taillis, avec leurs dé-pendances , sans regarder aux fruicts quepour accessoire : laissant toute autre con-sidération , je monstrerai le vrai moyend’y parvenir.
Ce sera en imitant la Nature que fon- vrjuchar-derons nostre intention. A telle cause ,choisirons d’entre l’infinie multitude des ce!t endr °«-arbres de ses thrésors , les plus propres ànostre dessein : pour , seuls , estre em-ployés , logés et gouvernés, ainsi qufilappartient. N’estans que vains efforts ,de cuider eslever des arbres sauvaiges,ailleurs et autrement, que leur naturelne porte , à tout le moins , pour en avoirprofit. Pour à cela parvenir , est aussi ou 1 «nécessaire d’employer en bois une partie pL,n ‘"-de vos meilleures terres : ce que sansregret ferés, quand considéreras, quelbien procurés à vostre maison, la ren-dant, par ce moyen, de noble et agréablereprésentation , et pour tous-jours, rem-édie de bois, au lieu de déserte qu’elleen estait auparavant , estant contraintpour la cuisine et pour le chauffage ,d’aller cercher loin le bois, escharceinentet à frais excessifs. Par lequel change-ment, apperra le fonds employé en bois,servir autant que celui qui travaille enblés , ou en vins , veu que sans aucunedespencc , ceslui-là donne son revenu,