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SEPTIESME LIEU
ou cestui-ci, ne rapporte rien sans em-ploi de semence et grande culture. Par-lant des meilleures terres , je n’entensqu’ès moyennes les arbres ne vinssent :mais non tant abondamment, ne si tostproduiront - ils en fonds de moyennebonté, qu’en du tout vigoureux. Chosetrès-notable pour advancement d’œuvre :car estant vostre lien desnué de bois, pourvous en fournir cercliés le chemin court(non celui de l’eschole, comme l’on dict),pour tant plustost avoir plaisir de vostrelabeur. Ce qu’aviendra à souhait, et sansennuyeuse attente, si, sans regarder àl’espargne , préférés en ce mesnage , lesgrasses aux moyennes terres : car desmaigres , ne faut en cest endroit faire nulestât, parce que les arbres n’y pourroientvenir, ou y venans , n’y vivroient qu’enlangueur et peu d’advancement. Bienest vrai que comme tous arbres ne sontde mesme naturel, aussi y en a aucunssupporter mieux que les autres, l’insuf-fisance du fonds , lesquels arbres distin-guerons , pour loger chacun en endroitconvenable. De la quantité de la terre nepeut-on bonnement, parler, veuque celadespend de la volonté d’un chacun , defaire grandes ou petites ses forests etDe quelle taillis. Néantmoins, dirai-je, que laissant‘u“‘a7uit‘. era l a forest à discrétion, le taillis doit estrede vingt-cinq ou trente arpens, pour ,dans peu de temps , secourir la maison :ce qu’il fera dans sept ou huict années ,la fournissant de fagottage pour sa pro-vision , estant de telle mesure, et cultivéou dre»er comme je monstrerai. L’endroit le plusb °"' propre pour asseoir les bois, est la partiede vostre domaine la plus eslevée , ducosté de septentrion, au regard de vostremaison, pour, n’en estans guières es-
loignés , la tenir en abri, et la parer desviolences des vents , des froidures enliyver, et pour vous y aller rafrescliir enesté, par leurs umbrages. Ne pouvant jus-tement rencontrer, pour les difficultés ,qui communément se présentent, poserésvos bois ès autres endroits les plus ap-prochans de ce dessein , comme s’accor-dera le mieux.
Ces choses expédiées, convient en venir JVomj d’au-aux arbres. De la généralité des arbres , ZûLigeT"’selon nostre dessein , osterons les fruic-tiers , c’est à dire, ceux qui soufïransl’af-franchissement par dessus les autres, sontemployés ès vergers, retenant pour lafourniture de nos forests et taillis, lesautres sauvaiges, qu’on ne peut, ou veutapprivoiser. C’est assavoir les chasta-gniers, chesnes , lièges , ormes , fres-nes , érables , fousleaux ou hestres ,sapais , mélèzes , pins , sycomores ,ifs , charmes , tillets , dont l’escorceest propre à faire des cordes , commecelle dumeurier-blanc. Cest arbre a donnénom à Chantilli , belle maison de mon-seigneur le Connestable, comme qui di-roit, champ de tillet, pour son abon-dance. Aliziers ou micacouliers, cou-driers, meuriers, cormiers ou sorbiers,cornouaillers , sureaux, bonis, gè-ne v/es , caddes , houx ou agrifolium ,bruscs ou houssons , genests , biais ,arboisiers , lentisques , et plusieursautres espèces d’arbres et d’arbustes sau-vaiges , croissans dans les forests agres-tes , à nous incogneus de nom, se diver-sifians autant qu’il y a des particuliersorizons en la terre : lesquels arbres se-roit impossible de discerner entièrementpar leurs communes appellations , si cen’est ès mesmes lieux de leur origine. En
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