DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 647
Autre pattede diversfruicts.
Arseiroleset framboi-ses.
Cornoailles,
Lors la tirerés du feu, la mettant sur desvazes à large ouverture, exposée au so-leil , afin que par sa chaleur la paste des-chargée de toute nuisible humidité, pro-cédante du naturel du fruict, s’achèved'affermir, l’y tenant si longuement, qu’ilsuffise. Et à ce que pendant tel séjour, lapoussière et autres saletés n’importunentla pasie: elle demeurera tous-jours cou-verte d’un linge, si bien accommodé etrehaussé par appuis et soustenemens ,qu’il satisface à ce service, sans destour-ner le soleil que le moins qu’il sera pos-sible ( 63 ). Plusieurs autres fruicts pourra-on convertir en paste, à la manière sus-dicte, comme abricots, prunes, cerises,poires, pommes, etc.; sans autre parti-culière observation, quedusuccre, pouren donner tant plus aux fruicts, que plusils seront humides.
Les arseiroles et framboises meures, sepourront confire de compaignie, et logeren communs vazes : ou en distincts etséparés , comme l’on voudra. Aussi est-on en liberté de les confire à une seulevenue (à la manière des agriotes) ou àplusieurs fois, ainsique les autres confi-tures : mais de les achever au sec, la pe-titesse du fruict n’en requiert la peine.Pour laquelle cause, l’on logera ces pe-tits fruicts en petits vazes plats et bas , deverre ou terre vitrée, pour là estre prinsdurant l’année, les mangeans au liquide.
En la propre manière que les cerises ,sont confites les cornoailles, c’est assa-voir , dans le succre infus au propre jusde ce fruict, duquel sans autre humeur,se fàict le syrop , appellé , corniat, dunom du fruict, dit en latin, cornia : ainsique celui des agriotes, agriotat. Aussisont ces confitures - ci, de commune fa- j
culté rafreschissante, très-propre pourles fébricitans , leur petite aigreur natu-relle leur estant agréable. En pots deverre , reposeront ces confitures-ci, poury estre prinses selon l’usage.
Dans le syrop de succre, seront confits n-rt-jus.les vert-jus ou raisins verts, pour lesconserver toute l’année. Employerés iciles plus gros aigrets ou raisins verts ,bien choisis ; et après leur avoir osté lesqueuës (64), les jetterés dans le syrop fàictau succre avec de l’eau claire, pour s’ycuire. Mais ce sera sur la fin de la cuittedu syrop qu’y inettrés les vert-jus, à cequ’ils n’y séjournent beaucoup , de peurde les crever: mesme considération ayantsur le confire des agriotes, comme il a estéveu. Ce fàict, en semblables vazes queceux des agi’iotes, seront logés les vert-jus, pour y reposer jusques au besoin.
En plusieurs sortes se confissent les cw™.coins , en quartiers, en cotignac, en ge-lées , et encores de toutes ces façons-ci,diversement, tant ce fruict est de facilemaniement.
Ferés bon chois des coins que désirés En quart,*confire , les prendrés de franche race,beaux en couleur, odorans, et la quan-tité que voudrés employer. Chaque coinsera mis en quatre ou six pièces , les pel-lerés curieusement, de mesme les des-chargeans de tous grains. A mesure quelespeilerés, les jetterés dans l’eau fresclie,pour les préserver de noircisseure. Leurferés le passage dans l’eau bouillante : etaprès en avoir lardé les pièces avec destronçons de canelle, chacune en plusieursparts, les logerés dans la terrine. Tan-dis le syrop s’apprestera; mais ce seraavec l’eau où auront bouilli les coins,laquelle décoction, aidera à odorer le