cliands de la laine de ses trouppeaux , enretiendra quelques quintaux , qu’il des-tinera à tel usage. Si son terroir portedes fines laines , tant mieux accommodésera-il de draps, de sarges, de b mats ,de toutes sortes, dont lui, sa femme, etses enf'ans , en seront honorablement etprofitablement babilles , à telles estof’fess’employant le meilleur des laines , et lereste aux habits des valets : si des gros-sières , à tout le moins , s’employeront-elles pour les serviteurs. Si des moyennes,et pour les enfans, et pour la grossièrefamille , dont du meilleur s’en feront en-cores des bons manteaux de pluie, utilesau particulier service de nostre père-de-famille, qu’il portera agréablement ,pour estre de son cru. La mesnagère fer aassortir ses laines , pour en discerner Lavaleur et la couleur, mettant à part lesespèces , qu’elle employera en diversessortes d’estoffes. La plus fine partie desti-nera-elle à faire des fines sarges, razes;,drappées, foibles , fortes, et des bonisdraps unis et forts, des burats , des re-vcrches, des cordillats , pour servir di-versement à toutes personnes et saisons;.Des grossières ; blanches, noires, grizes,des forts draps , blancs , bureaux , gris ,et entre-meslés, pour les habits des mer-cenaires : aussi , à faire des couverturespour les licts, choisissant les laines à celes plus propres. Après, les fera laver,puis battre, peigner, carder, filer, tistre :et les draps en provenans en toile , en-voyeraau foulon pour y estre desgraissés ,blanchis , enfortis , garnis : de là à Lataincture, pour y estre mis en couleurcomme l’on désire: finalement, au ton-deur , pour y recevoir la dernière mainde leurs façons. Une grande partie deThéâtre griculture, Tome II,
telle manufacture se faict à la maison, laplus-part des ouvriers s’y nourrissans descoinmoditésd’icelle. Joinct, que toutes lespersonnes de la famille, femmes, filles,enfans, serviteurs, servantes, y travail-lent à boutées sans nulle despence, làs’employans les heures perdues, înesmeles veillées des longues nuicts , dont lesdraps sortent avec espargne. Car ces pe-tites oeuvres-là , ne coustent rien à la mai-son, néantmoins, sont-elles acheptées chè-rement chés les marchands, quand l’onva à leurs boutiques jn-endre du drap, lescontans à haut prix. Ainsi avons-nousdes draps à bon marché, voire il semblequ’ils ne coustent autre chose, que l’ar-gent desbourcé pour les gages des ouvriersqui les ont préparés : le reste estant sortide l’espargne de la maison , là utilementemployée ; telle mesnage faisant profitd’une chose presques perdue, sans lequelseroit de nulle ou bien petite apparence.
Des soyes seront aussi employées en t*habits, mais avec rétention, de peur d’a-buser de matière tant précieuse. Car en-cores que la mère-de-fàmille en cueilledans sa maison par sa dextérité et dili-gence, si ne faut-il pourtant qu’elle s’enserve inconsidérément, ains avec telle so-briété, que le principal de scs soyes , soitconverti en deniers, et l’accessoire, enmeubles et habits, dont elle tirera conten-tement et honneur. Le principal est lafine soye, qui se tire en desveloppant leploton : et l’accessoire, les filozèies dediverses sortes , qui l’accompaignent ,comme j’ai monstré au discours de tel rie. v,mesnage. Les filozèies , donques, seront cllap ' * T 'à despendre en la maison pour meubleset habits qu’on employera selon les qua-lités et ouvrages. La bourrette est la plus
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