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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME

LIEU

grossière, comme l’escume du reste. Lafilozèle procédante des coucons perses etmaculés , est la plus fine, ne différant

en autre chose de la bc

du

ronne soye, quetirer 5 carne pouvons les coucons estre ti-rés , par estre perses ou maculés, la besteen estant sortie ou froissée dedans , l’onest contraint de les filer à la main, dontla matière perd son lustre , et avec icelui,le nom de soye , qu’on a converti en filo-zèle. L’autre filozèle procède des reliefsdu bassin qui se tronçonnent, et des cou-cons ou plotons qui ne se veulent du toutdespouiller. Toutes lesquelles filozèles,la mèrc-de-fàmille mesnagera , sans enlaisser rien perdre , qu’indifférammentelle pourra faire servir en meubles ,comme tapisseries à tous usages, ainsique j’ai touché ci-devant ; mesme la bour-retle, en gros tapis de table, meslée avecdu lin , ou du chanvre, colorés selon lafantasie. Mais en habits, seulement lesmeilleures ; et encores convient les ac-compaigner de quelque peu de fine soye,pour faire des estoffes propres à habil-ler et hommes et femmes. Pour mesmeusage, se font des estoffes ineslingées avecde la soye et de la laine , ou avec du cot-ton , de diverses façons, selon les inven-tions des ouvriers : aussi pour habiller lesenfants, qu’on diversifie par couleurs,comme l’on désire. En outre, fera fairedu velours et du taffetas pour ses usages :en tel cas se servant de partie du meil-leur de sa soye , qu’elle se réservera à lavente du restant. Par telle dextérité, lamère-de-famille meublera sa maison ,s’habillera et tous les siens, honorable-ment , non escharcement, néantmoins ,à bon conte, puis que la principale ma-tière sort de clics elle : et ce avec lustre

propre à la bonne mesnagère, représentépar Salomon.

Les peaux de chèvre seront accous-trées en marroquin , pour faire des sou-liers aux plus honorables et deslicates jier-sonnes : à quoi aussi sont bonnes celles demenon , ou bouc chastré , mesme pourrésister à l’eau, servans utilement à ceuxqui ne souffrent la peau dq vache en sou-liers. De mesme accommodera-on cellesde vache, pour faire des bons souliers ,et au maislre et aux valets, aussi debonnes bottes , discernans les endroits ducuir pour les employer selon les personneset les ouvrages : notant là dessus, qu’àtels services, les peaux des vaches vieilles,sont meilleures que des jeunes. L’on pré-parera aussi les peaux des beufs, maispour gros cuir, c’est assavoir, afin deservir généralement aux semèles des sou-liers de tous ceux de la famille. Touteslesquelles peaux, fera-on accoustrer auxconroyeurs et tanneurs, les leur envoyantbien marquées , afin que par sotise oufraude , elles ne se changent, rendans uncarolus pour un sol, comme autres-foiscela m’est advenu. Ces provisions faictes,la mère-de-famille mandera, un cordon-nier, qu’elle fera travailler en sa maison,mettant en oeuvre telles matières pourfaire des souliers à toute la famille , bienà profict et pour toutes saisons de l’année:dont le père - de - famille commandera,sans regret, ses gens au travail ordinaire,et en voyage pressé , n’ayans lors les va-lets , occasion de s’excuser sur leur mau-vaise chaussure, ainsi qu’ils ont accous-lumé de faire, à la moindre apparencequ’ils en ayent. L’argent qui s’employeàtel mesnage, est peu de chose, au prixde celui qu’on dcsbource à l’achapt des

Les peaux.