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Tome II. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE,

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souliers tous faicts, où il s’en consumebeaucoup : et ce qui augmente le mes-nage , est, que toute vostre famille esttous-jours très-bien accommodée de chaus-sure, pour l’aisance et pour la durée :veu qu’avec fidélité, le cordonnier tra-vaille de vostre matière , sans perte d’au-cune partie, et en vostre présence. Moyenque les bons mesnagers ne inespriseront,la faculté de leur terre le permettant,pour le soulagement de leur esprit et deleur bource.

Incom-modités deschamps.

CHAPITRE IV.

Distillations et autres préparatifspourla guérison des /Maladies.

O

Parmi les commodités dont l’on jouitabondamment aux champs, en mesnagebien dressé, ceste notable incommodité setreuve, que la faute de l’opportun se-cours à la survenue des maladies, prove-nant de la solitude de l’habitation, quinous esloigne des médecins , chirurgiens,apoticaires , desquels les villes jouissentà souliaict : par là se vérifiant ce dire,qu une commodité est tous-jours suiviede son contraire. Tel défaut nous con-traint d’accourir au médecin en la néces-sité, les envoyans cerclier là où ils sont,quelques - fois bien loin , dont souventils arrivent à la maison fort tard et horssaison. Ceste est la plus importante etimportune fasclierie de l’habitation de lacampaigne , laquelle les gens d’esprittaschent d’adoucir aucunement, s’effor-ceans eux-mesmes , de se secourir à lasurvenue de leurs maladies, et celles de

leurs enfans et serviteurs, en attendonsplus amples remèdes du docte médecin.Tous les jours se recognoist véritable ,que la nécessité est inventrice des arts,et ce fort naifvement aux champs , quandle mesnager et la mesnagère sont con-traints par manière de due, d’estre detous mestiers , souventes-fois, leur défail-lons les choses dont ils^ont bon besoin, soitpour la santé, soit pour les habits, soitpour les meubles, desquelles ils 11e pour-roient tirer service, si eux - mesmes n’ymettaient la main. Et qui est le gentil-homme aimer mieux laisser perdre soncheval se desferrant en voyage, que d’ymettre un doux au pied, lui-mesme, àfaute de mareschal? Ainsi, le père et lamère-de-famille , en ce tant importantarticle de la conservation de la vie, tou-chant les causes secondes , tascheront des’instruire des moyens de se secourir etleur famille, ès occurences des maladieset divers évènemens d’icelles : comme declieutes, blesseures , brusleures , et plu-sieurs autres maux, pressés et périlleux,qui surviennent inopinément, requerronsprompts remèdes : aussi ès autres de pe-tite importance : petites langueurs defemmes et enfans , ne méritons d’en-voyer au médecin , qui leur reviendra àgrand soulagement. Plusieurs grands sei-gneurs et grandes dames, n’ont mesprisételle divine science, ayans engravé leursnoms ès médicamens qu’ils ont inventé,dont, à leur honneur , l’on se sert utile-ment , encores au-jourd’liui ès boutiquesdes apoticaires; tesmoin entre autres lemit//ridât, venu du roi Mithridates , etl’onguent qu’on appelle, unguentum co-mitissaz, d’une comtesse qui l’inventa.Les femmes sont à ce plus propres queP p p p 2

Faut queles père etmère - de-fa-mille mettentles mains partout.