Band 
Tome II. IIe. Partie.
Seite
668
JPEG-Download
 

663

HUICTIESME LIEU

Quanti les hommes , pour leur naturel officieuxhonorais et chantable : à telle cause, la mère-de-fcutnes. | ain ;u e ouvr i ra son esprit, pour entendreces choses. Des livres , elle tirera plu-sieurs salutaires remèdes, ce cpii lui seraaisé, puis que certains doctes médecins,pour le bien public , ont traduit du chal-dée , du grec , du latin, en nostre langue,tout ce qui sert à la conservation de lasanté , au-paravant cognen de pieu degens. Pour relever de peine nostre mère-de-famille, je lui baillerai un roolle desremèdes aux plus communes maladies ,tirés, et des livres, et des expériences ,dont elle se servira. Mais expériences,faictes avec autant de curieuse fidélité,et cliés moi et cliés beaucoup de mes in-times amis , qu’on sçauroit désirer : surlesquelles se pourra asseurer , et quemoyennant la bénédiction de Dieu , lesemployant au besoin, ce sera avec heu-reux succès , son mari, elle, ses enfans ,ses serviteurs et servantes , estans ma-lades : aussi ses sujects, voisins et pauvres.cMnet Ay r ant nostre mère-de-famille, telleL proii- noble et belle humeur, avec pareil soindont elle a rempli ses charniers et faictses confitures , dressera un petit cabinet,auquel, comme en boutique d’apoticaire,logera les remèdes les plus propres jiourles communes maladies : afin qu’en lanécessité les treuve prests chés elle , sansestre contrainte de les envoyer quérir has-tivement à la ville chés l’apoticaire. Feradonques provision de toutes les droguesqu’elle verra lui estre requises, les faisantbien choisir et achepter vers les apoti-caires. Mesmc, ne sera jamais sans avoirdu milhridat, de la tériaque, des con-fections d’alkermès, et de hvacinte : deseaux, céleste, impériale, de vie : delà rhu-

barbe, du senne, de l’agaric, du syroprozat, du semen-contra pour les enfans ,et autres matières simples et composées,précieuses et utiles , qu’elle pourra faci-lement recouvrer. Et de ce qui se recueilleen sa terre , herbes, fleurs, fruicts, ra-cines , semences, en fera des eaux, deshuiles , des conserves , des onguens, despoudres , les préparans en leurs saisons,qu’elle tiendra par-après, en vazes selonleurs distinctes qualités, liquides et sèches.

Toutes lesquelles provisions et prépara-tifs, elle gardera chèrement, pour le be-soin, des cheutes, blesseures, brusleures,fièvres, et autres infirmités qui survien-nent inopinément; lors les remèdes ve-nans tant mieux «à propos , que plus rareet difficile il est, d’estre secouru, auxchamps qu’en la ville.

J’ai monstré à nostre pièrc-de-famille, Lieu x,le moyen de mesurer ses terres, non pour 1 '“ r ‘le rendre arpenteur, ains pour lui faireentendre ceste exquise partie de mes-nage , qui est de cognoistre ce qu’il a,sans du tout s’en rapporter à autrui : demesme, désire-je faire en cest endroit,touchant les distillations, monstrant ànostre mère-de famille , comment et jus-ques où, elle se peut employer en tellesgentillesses ; sans s’enfoncer en fabismedes subtilités des maistres distilleurs etabstracteurs de quint’cssences ( où plu-sieurs gentils esprits ont faict naufrage ,preuve de leur vaine curiosité) ; afin quese fournissant de ce dont elle pieut avoirbesoin , pour le soulagement de sa fa-mille , sur les occurrences des maladies ,elle puisse pdus patiamment attendre l’ar-rivée du sçavant médecin , quand en lanécessité , elle l’aura envoyé quérir.

Supposé qu’il y aye plusieurs et diverses m jMiier.