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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

Mal

de dents.

Pour causefroide.

Pour

chaude.

ou des fueilles de rue , ou de fenouil, oudu persil. Le mal des dents provient dediverses causes, froides et chaudes. Si defroide, les remèdes survans seront em-ployés. Laver les dents avec l’une de cesdécoctions - ci : d’absinte, faicte en fortvinaigre : des fueilles de lierre , en bonvin rouge , y ad-joustant des herbes delavande, de sauge , et de marjolaine:des fneillçs et petites nois de cyprès,baies de genèvre , rozes , fueilles demur te , faicte en vin blanc : des fleursde lavande, fueilles de marrubium, ca-nelle, fenouil , racines d’asperges, envin. Y est bon aussi l’huile du bois de ge-nèvre, mis joignant la dent, ou dedans ,si elle est creuse ; mais meilleurs y sont,les huiles de poivre, de girofle, debaume, de sauge, d’aspic. L’eau-fort po-sée doucement avec du cotton , dans ladent creuse, en appaise la douleur , et lafaict casser, estant corrompue. Si le maldes dents procède de cause chaude , l’onappliquera sur les dents dolentes, leshuiles de pavot, de mendragore , de jus-quiame , assemblés ou séparés ; et àfaute des huiles , leurs décoctions faictesen vin : ou la décoction de la racine dejusquiame, faicte en eau roze et vinaigre:ou l’on liendra en la bouche vinaigre,dans lequel aura bouilli du camphre. Etde quelque cause que soit la douleur desdents , elle s’appaisera par l’huile de lagraine de jusquiame , qui se faict encestesorte : arrousés la graine de jusquiameavec de l’eau de vie, puis la meltés dansune pliiole de verre, laquelle estoupperéstrès-bien, et icelle ferés bouillir en eaudans un cliauderon durant vingt-quatreheures ; au bout desquelles, la pliiole reti-rée de là , et d’icelle sortie la graine, sans

lui donner loisir de se refroidir , misedans un sachet de toile, sera pressée aupressoir, dont l’huile s’en exprimera.

Tenir entre les dents des racines de mille-fueille, ou de celles d’aigremoine , enappaise la douleur , comme faict aussicelle de piretre , et le mascher du mas-tic incorporé avec cix - e neufve. Pour sedeslivrer de l’estrange et violente douleurdes dents, et pour leur conservation , àcause de la nécessité de leur service, s’est-on dès tout temps estudié à se satisfaireen l’un et en l’autre ; à quoi est-on par-venu par divers moyens , curieusementrecerchés, par là se vérifiant, la néces-sité estre la mère des arts. Je vous aiproduit un petit nombre de remèdes pourla guérison des maux des dents, tiré del’infini de ceux qui se treuvent, iceux re-mèdes estans des mieux choisis et plusexpérimentés. Le mesme je fais touchantl’autre article. Il convient prendre la 7 ■„chose de loin , pour se conserver ces tant ietserviables outils, que les dents , pour lesgarder qu’elles s’esbranlent, les affermircroulans , les nettoyer estans ordes etsales, les blanchir estans rousses ou noires;et en somme, pour les entretenir en telestât, que sans douleur, belles et nettes,puissent longuement durer en service.

Dès le resveil, au matin, l’on mettra lamain à ceste nécessaire oeuvre. A la pre-mière ouverture de la bouche, avant queparler , les dents seront frottées avec unlinge net, un peu rude, aussi tout l’inté-rieur de la bouche, les gencives, le pa-lais, la langue, ostant le limon qui làs’est amassé durant la nuict ; lors cela es-tant plus facile à faire, qu’après affermipar l’aer, comme il se faict en parlant.

En lavant les mains, de mesme les dents