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Tome II. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.

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seront lavées avec de l’eau fresclie, nonfroide. Si les dents sont débiles, ou autre-ment mal qualifiées, on les fortifiera, as-seurera, nettoyera, et blanchira , avecdes poudres ci-après descriptes , dont onles frottera, et les gencives avec, dès lematin , et après on les lavera avec du vinrouge. Des liqueurs seront aussi em-ployées au matin à laver les dents , selonle besoin. A l’entrée de table on laverales dents avec de l’eau, sinon chaude , àtout le moins non froide, pour nettoyerles humeurs des gencives descendans ducerveau , à ce qu’elles ne se meslent avecRégime, la viande en mangeant. On se garderade manger viandes trop chaudes, ou tropfroides 5 de mesme fera-on touchant leboire : car, et les bouillons trop chaude-ment humés nuisent beaucoup aux dents,et les vins et eaux beus trop frès, quoi-que plusieurs se délectent de tels bruvagesen esté. Après avoir mangé ou beu choseschaudes, ne faut incontinent manger ouboire autres froides j ni par le contraire ,après les froides prendre les chaudes, ainsuser des tempérées entre deux , pour nefaire joindre les deux contraires. La durtédes viandes est préjudiciable aux dents ;par quoi, on n’en mangera que de tendres,s’il est possible, de peur de rompre, oudu moins d’esbranler les dents : pour la-quelle cause, ne s’efforcera-on jamais decasser ou rompre entre les dents, choseaucune, non pas mesme un filet deslié.Les autres qualités des viandes sont aussiconsidérables ; car et les grasses et lesmaigres, et les douces et les aigres, quandelles excèdent, préjudicient aux dents.Les médecins , en outre , remarquentplusieurs viandes de l’ordinaire usage ,estre nuisibles aux dents , comme légu-

mes, laictages, fourmages, pastisseries ,tartelages, pourreaux, raves, figues, etla plus-part des autres fruicts des arbres,mesme les cruds, aussi les huiles, grais-ses , y ad-joustant le succre qui noircitles dents. De toutes lesquelles viandes ,néantmoins , on ne s’abstiendra indifié-ramment, ains de celles qui le plus favo-risent aux maladies des dents, dont lepatient est tourmenté, qu’on distinguerad’entre les autres. A l’issue du repas , lesdents seront lavées fort curieusement ,avec de l’eau, et un peu de vinaigre parmi,ou bien avec du vin pur j mais ce seraaprès les avoir deschargées de la vianderestée par entr’elles, les nettoyant (dou-cement, sans par troji y fouiller) avecdes cure-dents faicts, non d’aucun métal,non pas mesme d’or ni d’argent, ains debois, qui ait quelque vertu astringente etde bonne odeur, comme lentisque, boisde roze , cyprès, rosmarin, niurte, etc.Puis on frottera les dents avec ceste pou-dre , qui les maintiendra en bonté etbeauté , nettes et blanches, estans d’elles-mesmes assés bien qualifiées. La poudreest composée de myrrhe, canelle, alunicuit, pierre ponce bruslée, par esgale por-tion, séparément et subtilement jmlvéri-sées, après meslées. La mie du pain, avecdu sel commun, sert aussi fort bien en cestendroit, si après le past les dents en sontfrottées , puis lavées avec de l’eau pure,avec un peu de vinaigre mis dedans icelle :ou avec du gros vin rouge, désirant af-fermir les gencives. Plusieurs autres etdiverses matières y a-il, dont l’on faictdes poudres à nettoyer et blanchir lesdents, les aucunes desquelles servent, enoutre, à fortifier les gencives, et à les in-carner, estans descharnées, pourl’asseu-

Poudrespour Usdents.