DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Saigné.
le repas, de la poudre de bol armene pré-parée comme dessus : ou du syrop delimon, avec eau d’ozeille : ou de morsusdiaboli : ou de soucliet : ou de char-don-bénit. Défaillant le syrop, lesdicteseaux seront employées, ou celle contrela peste ci-devant descripte. La prinsedes syrops ou eaux, sera suivie, pied àpied, d’une lozenge de diamargaritonfroid , ou des trois sandaux, ou poudres,par ordonnance du médecin , si faire sepeut. La grande efficace de guérison quela saignée a en ce mal, en rend néces-saire l’usage , au défaut de laquelle , ouestant mal faicte , jdusieurs personnes seperdent. Cela avient par faute de chirur-gien , ou de chirurgien mal expert, n’es-tant conseillé par médecin , à cause dumisérable temps contagieux , reculant lesgens de secours. En telles nécessités, nefaut que le chirurgien attende eslection dejour ni d’heure , pour faire saignée, ainsdoit employer le temps et l’occasion. Lesjeunes gens sanguins , bien charnus,abondans en sang meslé avec autres hu-meurs, requièrent grande saignée. Ellese fera toutes-fois par modération ; en-cores non tout à la fois, ains à deux ve-nues. En la première saignée, la plaiesera laissée entr’ouverte , y appliquantdessus de l’huile, à ce que le sang n’encoule, pour la re-ouvrir quatre ou cinqheures après, afin d’achever d’en tirer lesang requis. Au contraire, peu de sangsera tiré du personnage qui n’en a abon-dance , ains ce sera selon sa vertu et laqualité de ses humeurs; jugement qui ap-partient à l’expert médecin, auquel l’onrecourra , si la misère du temps n’en ostele moyen. Plusieurs sçavans médecins nepermettent la saignée, indifféramment
à toutes personnes, diverses d’aage et desexe ; excluans d’icelles les moindres dequatorze ans, les vieilles gens décrépits,les femmes enceintes ( mesme en leursderniers mois ), celles qui ont de nouveauenfanté, ou qui ont actuellement leurspurgations, toutes gens débiles, spécial-ement celles qui ont la fièvre pestilen-tiale , qu’au préallable la boce ou le char-bon n’ayent paru quelques jours devant.Il y a des vieilles gens de grande vertu etforte complexion, aussi des jeunes de dixou douze ans , plus robustes que d’autresplus aagés ; tels seront secourus par quel-que petite évacuation, qui les tirera dudanger de mort, à quoi ira-on avec dis-crétion. Comme aussi est très-nécessaire,que le chirurgien évite l’erreur de pren-dre une veine pour l’autre, par lequel levenim estant attiré au cueur, cause lamort du piatient. Si la peste paroist sousl’aurcille, faut saigner le malade de laveine du chef du bras, ou en rameau,qui est sur la main entre le gros doigt etson prochain. Si elle est en la gorge, fautaussi prendre icelle veine, et après unpeu de temps, est bon d’ouvrir les deuxveines qui sont sous la langue. Si elle gistsous l’aisselle, faut prendre la veine dicte,médiane, qui est entre celle du chef etcelle du foie. Si elle est sortie en l’aisne,faut prendre la saphène, qui est en lacheville du pied en la partie intérieure ;ou en défaut de la treuver, celle qui estentre le gros orteil et son voisin. Si en lahanche en dehors, faut prendre la scia-tique, qui est située sous la cheville dupied en la partie extérieure. Lesquellessaignées se doivent faire le plustost qu’onpeut, pour coupper chemin au mal ,toutes-fois, sous les termes sus-escripts ,