DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE. 741
Roigne.
i’aicte en vinaigre, des racines de buglose,d’aigremoine , et de fumeterre.
A la roigne , sera fort salutaire, pourun préallable, se baigner en bain tel quedessus ; puis se faire frotter le corps ,avec onguent faict de deux drachmes desoulfre calciné, beurre frès, et mouëlle depourceau, lavés en eau de plantain. Celiniment y est aussi propre : prenés unegrosse pomme de facile cuisson , coupés-la par le milieu, et l’ayant un peu creu-sée en dedans chacune moitié, remplissesle cave de soulfre pulvérisé ; puis rejoi-gnés les deux parts, liés-les avec du filet,et les faictes cuire sous les cendres, met-tant de la braize au-dessus, dont aprèsréduirés la pomme en forme d’onguent.Autre liniment : prenés racine de scrofu-laire , qu’aurés tiré de terre en automne ,nettoyée et purgée, pillés-la avec beurrefrès, et la mettés dans un pot de terrevitrée , bien couvert , lequel reposerésen quelque lieu humide douze ou quinzejours , soudain le beurre se fondra 5 cou-lcs-en la liqueur, et la gardés pour enoindre la roigne. Autre: jus de citron,quantité suffisante , deux jaunes d’œuf,huile rozat, une once, dont sera faict li-niment. L’on frottera la roigne avec jusrécentement exprimé de l’herbe d’aigre-moine , meslé avec sel et vinaigre : ou devieil huile de nois : ou avec deux oncesde térébentine , neuf ou dix fois lavée ,et une once sel en poudre , meslés en-semble. La roigne estant rebelle, est né-cessaire de la combattre avec plus fortsremèdes que les sus-escripts , tels que lessuivans : prenés jus d’aigremoine, de sca-bieuse, et fumeterre , partie esgale ; ad-joustés-y huile, et mouëlle de pourceau,à suffisance , pour y pouvoir bouillir ces
hexbes ; bouillans , les remuerés conti-nuellement , jusques à ce que le tout auraacquis consistance d’onguent, y ayantmis au-paravant de la poudre de staphi-sagre, et un peu de ceruse. De tel on-guent, la roigne sera frottée, après l’a-voir estuvée et baignée avec de l’eau oùl’on aura inf’ondu du sel, du soulfre, et del’alum. Autre : prenés aloès, et cumin,subtilement pulvérisés, de chacun deuxdrachmes ; incorporés - les avec mouëllede pourceau, lavée en eau roze : ou tri-turés subtilement tartre, sel nitre, orpi-ment, et soulfre, de chacun une drachme jcuisés-les en esgale portion de jus de la-patium, d’huile, et vinaigre , jusques àla consomption de la liqueur, ad-joustés-y suffisante quantité de cire pour onguent.Autre : pillés-en un mortier et pillon deplomb , une once de ceruse , ençens,mastic, etlitarge, de chacun demie oncejpuis versés par dessus huile rozat lavé soi-gneusement en jus ou eau de scabieuse,et les mouvés si long temjrs, que l’onguentse face. Le lavement qui suit est du toutpropre pour esteindre la roigne, quel-que malingne qu’elle soit : prenés urinehumaine en suffisante quantité, mettés-ydedans de l’élébore noir , et du charbonde clresne, en poudre, les battés ensem-ble , pour les mesler 5 la roigne en seralavée durant quinze jours, une ou deuxfoischacun. L’eau suivante est très-bonnecontre toute sorte de roignes, beues aumatin , fortifiant les remèdes extérieurs :prenés mélisse en telle quantité qu’il vousplaira •, pillés-la, et la faictes tremper envin blanc , une nuict entière, pour don-ner loisir à l’herbe d’attirer tout le vin $puis la distillés par le bain-de - marie.Autre eau de semblable vertu se distille