Band 
Tome II. IIe. Partie.
Seite
742
JPEG-Download
 

74a

HUICTIESME LIEU

des herbes de sauge et de pouliot, en la |manière que dessus. De telles eaux lamèrc-de-lainille fera jirovision en saison,afin de les employer en la nécessité.

Rougeun Pour les rougeurs du visage. L’impor-'“ a ° e ' tune couleur rouge du visage procède dediverses causes, et toutes de sang intem-péré : car, estant le sang, ou trop chaud,ou trop esmeu, trop vapoureux, subtil etléger ; ou trop crasse et espès, attaché con-tre la peau intérieure, il colore le visage,plus que de besoin ; quelques-fois exces-sivement, avec prurit et douleur, mesmey cslevant des croustes , boutons et pus-tules ; le nés en est infecté, les joues et leiront aussi, dont la face en est enlaidie ;et c’est telle couleur celle qu’on appelle,coupperoze, plus difficile à guérir quenulle autre. Les remèdes contre la pre-mière rougeur , sont de provoquer lesnaturelles évacuations de sang, commeles hémorroïdes aux hommes , et lesfleurs aux femmes, à ce que le sang cor-rompu, ne s’arreste au visage, commeil faict souvent quand il croupit dans lecorps : tenir le ventre lasclie : ouvrir , defois à autre , les veines des bras : se fairefrotter les bi’as et les pieds : appliquersouvent des ventouses aux espaules : userau vivre ordinaire de viandes rafreschis-santes : boire peu de vin, et icelui bientempéré ; par lesquels moyens et les sui-vans telle rougeur s’esvanouira. Lavés levisage, soir et matin, avec eau de bouil-lon-blanc distillée au bain-de-marie , enlaquelle aurés trempé un peu de cam-phre: ou avec eau composée de sucs depourpier , de plantain, de vert-jus degrain, de pommes de cliesne , de chacunsix onces; eau de douze blancs d’oeufs ;de farine d’orge, demie livre ; de semence

de pavot, une once ; tout cela distillé en-semble : ou avec autre eau , distillée dedeux livres de racines de parelle ou pa-tience , d’une livre de poupon meur , l’es-corce ostée , trenché en rouelles ; grainesconcassées de concombres , courges, pa-vots blancs et rouges, de chacune deuxonces ; camphre, deux drachmes : ou avecceste-ci , prenés la mie d’un petit painblanc, six glaires d’œufs, deux drachmesde camphre , le jus de six citrons ; des-trempés le tout dans une pinte de laict dechèvre, et après y avoir ad-jousté unepoignée des trois sortes de plantain , ledistillerés au bain-de-marie , dont l’eauqui en sortira , serrée dans une jdiiole deverre, et gardée quinze jours, sera propreà ce mal, l’appliquant sur la rougeuravec un linge blanc et deslié trempé enicelle. L’onguent de tutliie, et huile demoyeux d’oeufs, y est propre. Aussil’eau commune, en laquelle aura estédissoute de l’urinc d’enfant, ou du fielde quelque volaille, pigeon ou perdris :la seule eau battue de la roue d’un mou-lin : l’eau de neige : l’eau où l’on auraesteint des caillons blancs de rivière , es-chaufïés au feu. Semblable vertu ont lessangs de poule noire , de pigeon, tirésous l’aisle , de lièvre, appliqués séparé-ment sur les rougeurs, y ayant au préal-lable meslé un peu de jus de bourracherouge, et du laict de vache. Contre la Coupperoze.coupperoze , autrement dicte , goutte-roze, ces remèdes seront employés : es-tant le mal invétéré, convient préparerle cuir du visaae à donner issue à l’hu-

Cj

meur sanguine, qui est sous icelui cau-sant la rougeur , et l’humeur, à en sortirfacilement ; ce qu’on faict en raréfiant lecuir , et en subtiliant l’humeur , par