Band 
Tome II. IIe. Partie.
Seite
753
JPEG-Download
 

DU T II E A T UE D ’ A G 11 I C U L T U U E. 7 53

de froid, de pluie , ou de nege : dumanger herbes malingnes, ou autres malqualifiées : du boire soudain après le tra-vail cncores estans eschauffés : ou de boireeau sale et puante : du coucher dans es-tables mal-saines, trop humides, peuesventées, et sur liclière mal-nette : de lapiqueure de bestes venimeuses , et d’au-tres causes. Lesquelles maladies, le pré-veoyaut père - de - famille, destournerapar ses serviteurs, autant que l’art et lacurieuse diligence le permettront. Maisquelle solicitilde qu’on employé à tel mes-nage, il n’est possible de garentir entiè-rement de mal, les beufs, où Dieu les aLa cure assujettis avec tous autres animaux. Le

des maux , -» ■ ■ . , .

iuivans. lllûl du trop travailler, se guérit par soncontraire, assavoir : par reposer, et bonnenourriture , soit en la campagne ès her-bages bien choisis, soit dans l’estableavec foin exquis ; et bruvage d’eau tiède,blanchie avec de la farine, y mettant desvesses pillées : aussi par lui laver la bou-che et la langue, avec du vin et du sel :par l’cstiillcr de tout le corps , le bou-chonner , et frotter avec paille, jusquesaux jambes, le nettoyer des pieds, leur os-tant les espines et pierres qui s’y fourrenten travaillant. Ainsi sera deslassé le beuf,et tout-d’une-main, s’il est blessé en quel-que endroit, conviendra y ad-jouster les

Defiuieure. remèdes particuliers, selon le mal. Es-tant foulé à la teste, ou au col (commeavient souvent par le joug) faudra appli-quer dessus , un couple d’oeufs rompusdans un plat, leurs coques, moyeux etglaires, battus et meslés ensemble : oufrotter les lieux avec couène de lard, sansrien de gras, qui soit de pourceau masle ,icelle un peu eschauffée ; et garder après,que le beuf n’aille à la pluie ni auvent.

Théâtre d’Agriculture, T'orne II.

Les escorcheures du col sont guéries par ivorcfeur«.emplastrefaict demouëllc de beuf, graissede porc, sain et graisse de bouc, en es-gale portion. L’enfleure du chesnon, par Enjiture.onguent faict de racines d’aulnée , biencuittes, pillées avec graisse de porc, sainde mouton , ou de bouc , miel crud , en-cens , et cire neufve , l’en frottant troisou quatre fois le jour , jusqu’à entièreguérison. L’enfleure du pied se guérit,y mettant dessus des fueilles de sureau,broyées avec sain de pourceau , attachéesavec du linge. Et y ayant de la meur- Meurtris-trisseure, y sera mis un emplastre faict seure 'de miel, de sain, et de son , bouillis envin blanc j le retenant sur le mal trois ouquatre jours. Les beufs clochent etboitent Boiteurr ,

| • , c* • i • i , leurs causes

par plusieurs autres causes, ru le pied est clrerni j es ,blessé par le soc, y sera appliquée herbede mille-fueille escachée , marc et jus ,dont la plaie sera tost rejoincte. Si c’estde contusion, à cause de coup féru, con-viendra bassiner le lieu avec urine chaude,et y mettre dessus, emplastre de poix,avec huile et vieil oinct. Si par nerf re-foulé, les jambes seront bassinées avechuile et sel, mises dedans. Si de froid ,faut frotter longuement le lieu avec urinede beuf, un peu eschauffée. Si par en-fleure du genouil, tel endroit sera bas-siné avec décoction faicte de graine delin , et de millet, en vinaigre. Si juir su-rabondance de sang sur le pasturon, fau-dra user de scarification, ou de cautère ;puis guérir les plaies avec beurre salé, etgraisse de chèvre. Quant aux disloca-tions , et fractions des membres , le plusasseuré remède est, de ne s’amuser poinctà les médeciner , pour le peu d’espérancede guérison ; ains de tuer la beste, pourla manger au mesnage, ainsi tout ne s’y

C c c c c