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Tome II. IIe. Partie.
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DU T H É A T 11 E D’AGRICULÏUR E.

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est une violente maladie qui tue les beufs,sans prompt remède. Elle leur avicnt delassitude, plus au printemps qu’en autresaison, à cause que lors ils abondent ensans- La violence de ce mal leur oste lemanger et le repos, se jettans et vcau-trans à terre , sans se pouvoir tenir ni ar-rester, avec grande douleur , suans etgémissans. Dès qu’on s’appercevra de ceschoses convient inciser la peau du beul endivers lieux, comme sur les espaules , etun peu au dessus de la queue, pour enfaire sortir du sang , aussi lui coupper unpeu du bout des aureilles, d’où sortant dusang , la guérison s’en ensuivra ; sinon ,elle sera désespérée. Faudra, en outre,lui brover le ventre avec un gros bastonrond, que deux hommes tiendront, unde chacun costé , pour lui faire amollirla peau, et que le sang se descaille poursortir. Aussi, l’on pourmenera longue-ment le beuf, lui présentant de coup àcoup, à manger du foin deslicat, et dupain île millet ; non du sel, parce qu’envumor/on- cesle maladie , il est contraire. Le mor-lement, fondement est aux beufs maladie pres-ques incurable , pour peu qu’on la laisseposséder ; et encores, comment qu’on lesguérisse, si n’en sortent-ils jamais biensains, demeurans lasches au travail, sansse pouvoir engraisser. Leur poil est hé-rissé, en plusieurs endroits du corps,non applati ; cognoissance certaine d'a-ir* pisse- voir esté morfondus. Le pisse-sang vasa " s ' communément de compaignie avec lemorfondement. Les remèdes à ces maux,sont les suivans : l’abstinence en est lepremier ; partant, dès incontinent qu’onverra le beuf se cojjclier à terre, presséd’angoisse, soudain se relever, tordre lateste, et le reste du corps, avec inquié-

tude, ostés-lui le manger et le boire; surtout, 11e permettés qu’il boive aucune-ment, ni eau, ni autre liqueur; car beu-vant, n’y auroit plus d’espoir de guéri-son ; mais lui sera donnée ceste méde-cine , qu’on compose de trois onces demillet, autant de graine de chcnève enpoudre, bouillies en deux pintes de vinblanc; y ad - joustant, une once de té-riacle, et deux de saf'fran. Autre : prenésdeux livres de miel, six onces tartre debon vin , une once de canelle, du laictde vache, une chopine, et faictes avalerce bruvage au beuf. Autre bruvage estfaict avec une pinte, mesure de Paris ,d’eau de plantain, une chopine d’huiled’olive , autant de bon vinaigre, deuxonces poudre de cougourdes sauvaiges,autant de celle de coque d’oeufs. Aussicestui-ci est fort profitable au beuf: uneescuellée d’urine , une escuellée et demied’huile d’olive , six œufs frès , de suie defour, ce que la main peut contenir; toutcela battu ensemble sera donné au beuf.L’huile de nois, avec du mitlnidat, estbon remède à ce mal. Pour oster la dou-leur qui tourmente le beuf, lui faut lierles aureilles, les battre avec une verge jus-qu’à ce qu’elles deviennent rouges ; lorsconvient les inciser, persant les petitesveines , qui, par ce moyen , y apparois- *■sent, dont sortira du sang presques vert ;ce faict, donnerés un peu de sel au beuf,et le pourmenerés. Au flux de ventre,l’abstinence du manger et du boire sontnécessaires, seulement sera donné aubeuf à manger, des fueilles d’olivier sau-vaige, tendres, et des jeunes jettons derozeaux sauvaiges. Et ce bruvage, faictavec trois onces graine de meurte , desfueilles d’origan, d’auronne de jardin,

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