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Tome II. IIe. Partie.
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DU THEATRE D’AGRICULTURE. 767

trac de ses affaires, s’il se mesure ainsiqu’il appartient, à ce que ne s’abandon-nant à ses plaisirs, il donne à la chasse,quelques heures de son loisir. Le vin estaliment très - précieux , prins modéré-ment, et vcniin mortel, beu désordon-nément. Les livres nous font voir un roid’Arcadie , Lycaon , converti en loup :un Actéon , en cerf, par s’estre trop ail-donnés à la chasse; et tous deux, mangésde leurs propres chiens : on lit aussi, quel’empereur Sevère , qui employait toutson temps à la chasse, finit misérable-ment ses jours, à l’aage de sa premièreforce, délaissé de ses propres serviteurs ,qui aidèrent à lui courir sus. Ce royaumen’est sans exemple sur ce suject, s’yvoyans en diverses provinces , des bonnesmaisons incommodées par le trop fré-quent usage de la chasse, d’où s’y fai-sant de l’accessoire, principal, n’est demerveilles d’en voir les affaires reculées.

Le gentil - homme bien avisé , ayantceste belle humeur, que d’aimer la chasse,ordonnera du temps d’y vaquer , et desmoyens de la despence requise à tel nobleexercice, si bien qu’il en pourra conti-nuer 1’usage avec grande délectation etde corps et d’esprit, sans intéresser sesjirincipales besongnes. Et ce ne sera luiseulement, qui jouira de telles commo-dités, ains le public y participera, quandpar tels honorables et plaisans labeurs,la contrée sera deslivrée de bestes ravis-santes, dévorans en la campagne les per-sonnes et le bcslail de mesnage. Passantplus outre, par l’exercice de la chasse , legentil-homme se façonne à la guerre, yapprenant les ruses de l’art, à s’endurcirau travail, fuyant l’oisiveté, à se con-tenter de manger et boire peu, à s’ac-

coustumer à toutes viandes et bruvages ,à combattre à force et par surprinse , àpiquer chevaux par bon et mauvais pays,dont il se rendra bon guerrier ; estant lachasse, un vrai apprentissage delaguerre,pour la conformité qu’il y a par-entre cesdeux exercices : et par conséquent, propreà faire service au roi , et à la patrie.Platon dressant ses loix , y coucha lachasse , comme nécessaire à la répu-blique. Plusieurs rois de l’antiquité ontfaict exercer leur gens à lâchasse. Cyrus,Lycurgus , Romulus, Alexandre le grand,Pompée , Marc-Antoine, Adrian , sontde ce nombre. De nos rois, plusieurs ontaimé la chasse , vénerie et fauconnerie.On treuve en l’histoire il ’A 'wionlus , quele roi Clovis , en l’an cinq cens et neuf ,poursuivit un cerf, sorti de la forest deCliinon, jusques en la rivière de Vienne,laquelle il passa sansnagcr; par ce moyen,enseignant au roi, un bon gué dont il es-tait en grand doubte. Le roi Clotaire aussiaima la chasse, et en mourut d’une fièvrequ’il print, chassant en la forest de Couci.Les rois Charles sixiesmc, et neufviesme,l’ont exercée en leurs temps , et cestui-citant aimée et si bien entendue, qu’il ena composé un livre (100). Le roi régnantheureusement se délecte aujourd’hui à lachasse, ayant tiré de ses Anceslres tellenoble affection.

Nous avons faict voir, quelle différenceil y a de la garenne au parc : en cest en-droit , nous-nous servirons de telle dé-monstration , pour faire entendre augentil - homme qu’il y a une chasse pourlui, et une autre pour le grand Seigneur,afin qu’il ne se mesconte. La chasse auxcerfs, biches, daims, sangliers, loups,et eu général de toutes bestes rousses et

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