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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

noires, n’appartient qu’aux rois, princes,et grands seigneurs : comme aussi le chas-ser à la haute volerie , leur est propre,s’estans réservés tels passe-temps, avecles moyens d’y despendre. Il n’est pour-tant hors de propos, qu’ayant, le gentil-homme , des forests nourrissans et re-trayans telles grosses Lestes, qu’il n’ychasse quelques-fbis : mais ce sera encompaignie de ses voisins et amis , des-quels se fera assemblée selon les occur-rences du temps et autres occasions ,meslans ensemble leurs attirails , dechiens , de chevaux , de rets , panneaux,toilles , bources , cordages, espicux , ar-quebuses, arbalestes, trompes, tenailles,et autres choses nécessaires , afin d’encomposer un suffisant à l’entreprinse. Etpour son particulier ordinaire, se con-tentera du nombre des chiens, oiseaux,chevaux , valets, meubles , et engins re-quis à lui entretenir ce passe-temps, dontil fera estât, le dressant et limitant à laportée de son bien, où il regaxdera plus,qu’à son plaisir. Il s’instruira en tous lestermes de l’art de la chasse, vénerie etfauconnerie, pour parler à ses chiens etoiseaux, et avec la voix et avec la trompe,diversement, tantost haut, tantost bas ,selon les chasses. Observera les Lestes ,leurs naturels, leurs ruses et finesses : lestemps et saisons de les prendre : leurs re-paires et gistes, licts , chambres , repo-sées , bauges et tanières : celles qu’il fautcourir et combatre : comme il les fautquester , requérir, lancer et donner auxchiens , accommodant leurs espèces selonla chasse. Avec le chien couchant, faict aupoil et à la plume , le gentil-homme , du-rant l’automne, l’hyver, et le printemps,l’arquebuse au poing, s’en ira arrester et

prendre la perdris, et le levraud. Avec lemesme chien , en esté , arrestera lescailles et tourterelles, qu’il jjrendra leurjetlanl la tirasse ou filé par dessus. Avecses lévriers, ira courir et prendre le lièvreet le levraud, en toutes les saisons del’année. Aux lièvres, renards, putois,fouines, chassera aussi avec filés, toilles ;aux conins avec le furet et la poche.

Quant à la fauconnerie , laissant lahaute volerie pour les plus grands, le basvoler des champs sera pour le simplegentil-homme, lequel se dressera attirailrequis à ce bel exercice, surpassant d’au-tant plus celui de la vénerie, qu’il y a dedifférence entre les choses de la terre àcelles de l’aer. Il tendra son esprit à laconservation de ses oiseaux, sans s’enrapporter du tout à son fauconnier, entelle curiosité imitant des princes et grandsseigneurs, qui ne s’importunent du bruitde leurs oiseaux, les faisans coucher dansleurs chambres. Ne tenir qu’un oiseau,c’est n’en avoir poinct, pour les inconvé-niens cpii surviennent journellement : àlaquelle incommodité est joincte cesle-ci,que n’en ayant qu’un , le gentil-hommeest contraint d’attendre le jour et l’heureque son oiseau sera prest et en estât ;mais en ayant plusieurs, il en appresteet pour le matin , et pour le soir , selonl’heure qu’il lui plaist de voler. Or d’avoirbeaucoup d’oiseaux , c’est tumber del’autre extrémité ; parquoi, le nombrepourra estre restreint à deux, qu’il en-tretiendra avec non guières plus de des-pense, que pour un seul, parce qu’il luifaut aussi bien un homme pour en gou-verner un , que deux. Cinq ou six couplesde chiens est la suite de cest attirail,lesquels convient choisir de moyenne

taille ,