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Tome II. IIe. Partie.
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DU THEATRE D’AGRICULTURE. 769

taille , qui soyent espagneuls, pourcequ’estans mieux vestus que les braques ,ilsne craindront, ni le froid ni les espines.

Il convient avoir aussi une lesse de bonslévriers, et de bien nourrir tous les chiens,afin que demeurans plus gras que maigres,ils vous facent honneur et service , et nesoyent en danger d’estre roigneux, commesont presques tons-jours les maigres. Cestéquipage est raisonnable pour le gen-til-homme qui ne veut faire grande des-pense , moyennant lequel recevra conten-tement , et de la commodité avec, pour lacuisine, estant en pays de gibier, des-chargeant d’autant les frais de la faucon-nerie. Du chois des oiseaux, de leursnoms , qualités et différences, du moyende les dresser et employer , selon lespays, et les chasses, de les nourrir etentretenir, de leurs maladies et remèdes,ne sera ici plus avant discouru. Non plusque de l’eslection des chiens pour ce dé-duit , et pour la vénerie : et ce afin den’outre-passer les limites de ma délibéra-tion; veu mesme , qu’il y a plusieurs li-vres escripts sur telles matières, où nostregentil-homme se pourra amplement ins-truire de ce qu’il désirera pour ses chasses.Mais particulièrement pour la fauconne-rie , du beau et excellent livre du seigneurd’Esparron, gentil-homme provençal,qu’il a de nouveau mis en lumière, oùil a particulièrement et amplement dis-couru de tel noble exercice (101).

Divers autres moyens y a - il pourprendre bestes à quatre pieds, qu’on em-ployé et jour et nuict, selon les saisonset le temps, chaud, ou froid: commepièges, agraffes, fosses, trapes , rets,pents , amorces , etc. Aussi oiseaux ,gros et menus, à l’amorce, à la pipée,Théâtre d’Agriculture , Tome II,

à la passée, au tumbereau, à la tonnelle,au feu, au glu , aux laqs, à la poche , aurets, à la chouette , au duc, à l’appeau,aurejettail, etc. Et ce avec beaucoup depasse-temps , et petite despense, parcequ’il n’est besoin pour telles chasses , nichiens, ni oiseaux , ni chevaux. Les pro-priétés des pays ont faict inventer auxpeuples, divers instrumens et engins àprendre bestes terrestres et aériennes ,chacun les appropriant à ses usages 2>ar-ticuliers , selon la faculté de son lieu :pour la variété desquels instrumens, se-roit impossible de les représenter pardiscours ; seulement par pourtraicture ,en pourroit-on donner quelque moyennecognoissance. Où les canards et autres oi-seaux de rivière abondent, comme èsgrands estangs, et près des mers, là ons’exerce en grand volume, en telle espècede chasse , mesme en Hollande, en cestemanière : on y employé un canard vif, at-taché au bord de l’eau, qui appelle les pas-sagers, lesquels tumbés en l’estang , s’envont trouver celui qui les invite : et à ceque ce soit tant jdustost et en tant plusgrande trouppe, un chien duit à tel ser-vice nageant par l’estang, les va ramas-sant des lieux plus esloignés , pour leurfaire tenir le chemin requis , où assem-blés , se trouvent prins par le moyen d’unfilé, là au-paravant tendu, qu’un hommecaché auprès, destend quand il en voidle poinct. L’on prend aussi des canardsau hameçon , presques comme poissons ,c’est en enveloppant les hameçons avecdes tripailles, et iceux attachés à terrepar des cordelettes ; les canards voyans deloin telle viande , nageant sur l’eau ,l'engloutissent avec les hameçons, dontils se treuvent prins par le bec. Le gen-E e e e e