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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

til-homme cliassera aussi au canard , àl’arquebuze , en se pourmenant le longdes eaux , durant les gelées et grandesfroideures ; et ès autres chasses, où sonplaisir le guidera , esquelles le trop detravail n’en ravalle le contentement : carquant à celles des perdris, au leu, durantla nuict ; à la tonnelle, le jour : des bé-casses, alouettes, et autres oiseaux, qu’onattend longuement ès passages, et jouret nuict , mesme en mauvais temps ,comme en liyver , durant les grandesglaces, et neges, pour les attrapper avecfilés , et autrement, il les commettra àses gens : aussi les amorces et traisnées ,le dresser des pièges pour prendre loups,et renards, blereaux , tessons , et sem-blables bestes, la prinse desquelles estavec beaucoup de peine. Encores que lachasse aux oisillons, avec la chouette, ouau duc , semble n’appartenir qu’aux en-fans , si est-elle tant plaisante et agréa-ble , que souvent les grands sont incitésà s’y exercer, tout lionneste passe-tempsestant recevable aux champs. Le plaisiry est singulier, de voir un oiseau dif-forme, perché parmi la verdure et lesfleurs , attirer à soi infinité d’oisillons ,venans là de toutes parts contempler samine, sa contenance , sa laideur, le pin-ceans , chantans chacun son ramage ,comme pour le braver et se moquer delui: et au bout de cela, se sentir prinspar les griffes avec le brei ( petit instru-ment composé de deux bastons, se joi-gnans de leur long, que l’oiseleur, ca-ché dans sa logète, faict jouer à poinct),ou bien par le glu, dont ils se treuventemjiestrés en leur pennage (102). A telshonnestes exercices, passera son temps lenoble père-de-famille , tandis que par sa

préveoyance, ses affaires s’advanceront,et treuvera par expérience véritable cequi est dict, que

Qui le plaisir à l’utilité joinct,

En mesnageant, le gaigne (le tout poinct.

A corriger la solitude de la campagneest de grande efficace la lecture des bonslivres , vous tenant tous - jours com-paignie. Scipion l’africain en rend ce tes-moignage, disant à ses amis (qui s’esba-hissoientde sa vie privée et retirée) n’estrejamais moins seul, que quand il es toitseul. Si que le gentil-homme aimant leslivres, ne pourra estre que bien à sonaise, avec un livre au poing, se pourme-nant par ses jardins, ses prairies , sesbois, tenant l’oeil sur ses gens et affaires.En mauvais temps de froideures et depluies, estant dans la maison, se pour-menera sous la guide de ses livres, parla terre , par la mer, par les royaumes etprovinces plus lointaines, ayant les cartesdevant ses yeux , lui monstrant à l’œilleurs situations. Dans l’histoire, contem-plera les choses passées, les guerres , lesbatailles, la vie et les moeurs des roiset princes, pour imiter les bons, et fuirles mauvais. Remarquera les gouverne-mens des peuples, leurs loix, leurs po-lices , leurs coustumes , tant pour en-tendre comme le monde se gouverne,que pour faire profit des salutaires avisqu’il en pourra tirer , les appropriant àses usages. Des bons livres, il appren-dra à sagement conduire sa famille, à secomporter avec ses voisins, sur tout àcraindre et servir Dieu , à bien vivre , àfuir le vice, suivre la vertu, qui est lechemin du ciel, nostre seure demeure.Ce lui sera beaucoup de contentement,s’il a quelque modérée cognoissance des