DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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simples , et lierbes
médecinales de lacampagne : car il ne pourra sortir de samaison sans treuver à qui parler , con-templant leurs racines, herbes, fleurs,fruicts , leurs propriétés , avec la louangedu Créateur. De mesme regardant auciel, admirera l’ouvrage du Souverain ,à la veue du firmament, des estoiles ,planètes, et signes célestes : sçaura laraison des équinoxes , et solstices , desesclipses, du cours du soleil et de la lune,s’il a quelque cognoissance de l’astrologie.La musique , le jeu du luth , de la harpe,de F ’espinète , et autres instrumens , ser-vent beaucoup à ce suject. Aussi l’arith-métique, la géométiie , l’architecture, laperspective , mesme la pourtraicture ,pour représenter forteresses, villes, clias-teaux, païsages, dignes parties du gen-til-homme, moyennant lesquelles, il des-seignera plans de forteresses , et de mai-sons privées, voire par tels moyens , or-donnera de ses bastimens, de ses jardins,de la disposition de ses arbres , et feraautres choses de son mesnage par art,avec heureuse issue. La visite des amis esttrès-recommandable au gentil-homme,par là cultivant les amitiés, avec l'affec-tion nécessaii’e à chose tant précieuse,que chèrement il se conservera. Moyen-nant ces belles et nobles qualités, nostrevertueux père - de - famille se maintien-dra gaiement en son mesnage , y vivracommodément, fera bonne chère à sesamis ; et despartant à propos ses heures,pourveoira à ses affaires , si bien , que ,mariant le profit avec le plaisir , choseaucune n’en demeurera en arrière , ains,comme en se jouant, toutes s’advance-ront à. son contentement et honneur ,Dieu bénissant son labeur et industrie.
CONCLUSION.
Des parolles il faut venir aux effècts ,pour avoir contentement de nostre agri-culture. Et comme ce n’est que du papierpeint, que le dessein du bastiment, sanspierre, chaux, sablon, bois , et autresmatériaux, pour eslever l’édifice , aussivainement aurions - nous représenté lemesnage des champs , sans mettre lamain à l’oeuvre. L’on a accoustumé de semoquer de ceux qui disent vouloir bastir,planter, réparer, sans en voir l’advan-cement. Voire les terres mesures, sem-blent accuser de négligence leurs pos-sesseurs , qui ne les mettent en poinctd’enfanter les biens qu’elles ont conceusdans leurs entrailles. Les anciens Ro-mains, pour l’intérest que le publiq rece-voit de telles paresses, ordonnèrent quele censeur chastieroit la négligence àfairevaloir les héritages. Et par l’exemple dela profitable diligence de Furius Crisinus,firent des statuts et ordonnances sur lamanière de mettre les terres en valeur.Cestui Crisinus labouroit son héritage,de médiocre estendue , avec tant d’art etdiligence, qu’il en tiroit beaucoup plusde profit que ne faisoient ses voisins deleurs grandes possessions ; lesquels meusd’envie, l’accusèrent en justice , que parmagie ou sortilèges, il s’attiroit la graissedes champs de son voisinage. Il compartà l’assignation devant le censeur, accom-paigné d’une sienne fille en bon poinct,bien vestue , conduisant ses beufs, graset esveillés, avec ses coutres et socs , bienE e e e e 2