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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

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forgés et acérés , portant plusieurs autresoutils et instrumens pour la culture de la-terre. Monstre cest attirail au censeur etau peuple , leur dict que ce sont lesinstrumens magiques dont il a usé ; leurfaict voir ses mains calleuses du travail,regrettant ne leur pouvoir de mesme re-présenter ses labeurs , sueurs , veilles ,tant de jour que de nuict, qu’il avoit em-ployées à rendre fertile son héritage : dequoi il demeura loué , et ses accusateursmoqués pour leur fainéantise. T line , enoutre, raconte, et avec lui, Plutarque et Tile-Live j que le roi Gyges s’enqué-rant de l’oracle d’Apollo, qui estoit leplus heureux homme du monde , eustresponse que c’estoit Aglaüs, cogneu desDieux et incogneu des hommes. Aprèsavoir faict cercher cest Aglaüs par toutela Grèce , enfin il est treuvé en un re-coin de l’Arcadie , cultivant son petit hé-ritage , où, avec sa famille bien réglée ,il vivoit fort commodément des biens ,qu’en abondance, par son industrie etdiligence , sa terre lui rapjxortoit. L’his-toire nous a conservé la mémoire de telshommes, pour nous rendre bons mesna-gers : comme aussi à mesme fin, de plu-sieurs autres, les exenqxles servans debons maistres. Les Milesiens estans enguerre civile , à cause de l’ambition duGouvernement, esleurent pour arbitresde leurs différens, des hommes du paysde Parrois : lesquels estans là arrivés,considérèrent diligemment l’estât desvilles et terroirs des Milesiens. Ils ytreuvèrent plusieurs ruines : des villes etmaisons désertes , des terres en friche ,et tout cela procédé de l’oisiveté , qui lesavoit plongés en sédition. Quelques hé-ritages bien cultivés , y remarquèrent-ils

aussi, comme tesmoignans que leurspropriétaires avoient là employé leurstemps, sans s’amuser à questionner avecleurs voisins. Après avoir convoqué lepeuple, sans autre recerche, adjugèrentle gouvernement aux meilleurs mesna-gers et plus diligens, choisis d’entre ceuxqui avoient leurs terres bien en poinct,espérans qu’ils seroient curieux du bienpubliq , autant qu’ils l’avoient esté deleurs affaires domestiques. G’est ce querécite Sabellicus; et aussi, que Abdo-lominus fut esleu roi de Sidon , non seu-lement pour sa prudence, ains par s’estreproprement accommodé en sa maison deschamps, et pour les grandes expériencesqu’il avoitenl’agriculture.Cyrus le grand,roi de Perse , par le tesmoignage deXénophon , estimoit les plus belles occu-pations du gentil-homme estre l’agricul-ture et la guerre , lui mesme s’employantet en l’un et en l’autre exercice. Ce roiprenoit plaisir de contempler les dépor-temens de ses séneschaux et présidents deprovinces, qui avoient sur-intendencesur la police, mesme sur le labourage :voyant ceux qui avoient leurs terres bienhabitées , pleines de tous arbres chargésde fruicts , il leur accroissoit leur juri-diction , sans leur espargner les dons desrichesses et d’honneur , pour tesmoi-gnage de leur vertu. Au contraire, ceuxque le roi treuvoit avoir leurs provincesdépeuplées , et en friche , les punissoit àla rigueur , et les démettoit de leurscharges , pour les donner à d’autres.A l’eslection des eschevins , capitouls,maires, consuls des villes de ce royaume,jusques aux moindres, tous - jours lesmeilleurs mesnagers sont employés, avecceste raison , que celui se rend capable