DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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des affaires du publiq , qui conduit bienles siennes particulières. Entre les ri-chesses du sac de Carthage , lurent treu-vés vingt-huict livres de l’agriculture,composés par JSlago , lesquels, de l’or-donnance du Sénat de Rome, furent tra-duits du langage punique , en latin, avecbeaucoup de louange du traducteur, etencores plus de l’auteur , qui en lut pro-clamé père du labourage. Le roi Dejota-rus print à honneur que Diophanes luiclédiast son Agriculture. L’empereur Au-guste , de mesme , receut de bon cueur,les commentaires de Caius Valgius, surles simples. Mecenas, le livre de Sabi-nus, sur la nature et diverses qualités desoignons (io3); tant les Anciens ont laictd’estat de l’agriculture, la plus innocentevacation qui soit au monde. Platon confesse que la vie rustique et solitairea gaigné le prix, comme maistresse etexemple de toute sobriété, continence,parsimonie , et diligence , proposée àl’homme pour Iranchise et reluge, commeun port et addiesse contre la calomnie,l’ambition, l’envie, et autres vices. Enses livres de la République , plusieurs or-donnances se voyent pour l’agriculture,entr’aulres, de ne changer ou arracherles bornes des champs , de ne rompre lescanaux , ou destourner les cours des eauxqui abbruvent les terres , de ne faire des-gasts aux héritages , ni aux fruicts de la
terre.
ides
Ce
que
l’agriculture.
liberté , que le faict de ^
Virgile tient, qu’à l’homme des champsne manque , pour sa félicité, que la co-
disant ,
nos
jmoissance de son bien
O
sages empereurs ont suivi, en leurs cons-titutions modernes. Cicéron , au discoursqu’il laict en son premier livre des Of-fices , touchant le profit que nous ap-portent les arts et sciences , est d’avis n’yavoir rien plus noble , et qui mieux con-vienne à l’homme vivant noblement et en
O ! que par trop seroient heureux les laboureurs,
S’ils sçavoient leur bon-lieur ! ausquels, loin deshorreurs
Du discord martial, d’une volonté franche ,
Des vivres largement la terre, juste, espanclie.
La cognoissance des biens que Dieu nous donne , est voirement le plus impor-tant article de nostre mesnage , moyen-nant laquelle, nous mesnagerons gaie-ment , tant pour l’utilité, que pour l’hon-neur, guerdon de ceux cpii font bien leursaffaires. Et de là aviendra à nosti’e père-de-lamille ce contentement, que de treu-ver sa maison plus aggréable, sa femmeplus belle , et son vin meilleur, que ceuxde l’autrui. Ces contentemens ont in-duit plusieurs grands personnages à chan-ter le plaisir des champs, s’esgayans surtant riche suject, dont plusieurs livres setreuvent escripts , remplis de telle bellematière; et beaucoup d’illustres hommes,à se retirer en la solitude de la campagne,pour , hors de bruit, jouir en repos desaises dont elle abonde. La sérénité duciel, la santé de l’air, le plaisant aspectde la contrée , montaignes, plaines, val-lons , coustaux, bois, vignobles , prai-ries, jardins, terres à blés, rivières,fontaines , ruisseaux, eslangs; les beauxpourmenoirs ès jardins, prairies , et ail-leurs ; la contemplation des belles tapis-series des fleurs , les beaux ombragesdes arbres , la joyeuse musique des oi-seaux , les divers chants et langages dubestail, gros et menu, louans le Créa-teur , en sont les principales causes : y enayant d’autres infinies , qui ne se peuvent