DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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M. Deyeux, dans le tome I, troisième Lieu ,chapitre XV, note (11 4 ) » page 496 , pour l’hy-dromel. Il en résulte des liqueurs vineuses quiperdent infailliblement le goût mielleux qu’il estpossible d’ailleurs de masquer par un aromat ;elles sont d’un usage fréquent dans les régionsdu Nord , où la vigne ne pouvant prospérer , ilfaut bien chercher à suppléer à la rareté du vin :long-temps conservées , elles approchent , pourla saveur, de celle du vin d’Espagne et deMalvoisie. On peut en retirer, par la distillation,de l’alcoliol ; et de bon vinaigre , en les soumet-tant aux procédés de l’acétification. ( P. )
Pa-t 6 \S, (29) Voyez ce qu ’Olivier de Serres a dit ducolonne "U, vinaigre , tome I, troisième Lieu, chapitre XII,page 397 et suivantes ; et les notes (89)—(92)de notre collègue M. Parmentier , sur ce cha-pitre , page 336 et suivantes. {Pi. )
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Des Vins de Fruicts.
( 3 o) On trouve dans les Géorgiques l’épigra-phe de cet article. L’invention des vins de fruitsest attribuée, par Virgile , auxhabitans des paysfroids , dont l’industrie s’est appliquée à com-poser une liqueur qui pût rivaliser le vin.
Pocula lœti
Fermenlo atque acidis imitantur vitea sorbis.
(Géorg. L. III.)
Avec le suc des fruits sauvagesRéchauffé du feu du levain ,
Le ISord savoure des breuvagesQui semblent imiter le vin.
Me pardonnera-t-on de commenter ici cepassage des Géorgiques ? Du moins , qu’on jugemes motifs , et qu’on puisse expliquer commentun buveur d’eau a tant travaillé sur le vin !
En commençant l’article intitulé : Vues etquestions sur la vigne ( tome I, troisième Lieu ,chapitre XIV, note (99)5 page 33 q et suivantes),je me suis excusé de traiter ce sujet. O11 peuts’intéresser à la science œnologique sous le sim-ple rapport de la culture et du commerce ; et sile jésuite Sanchez a eu le privilège de faire unbeau traité, deMatrinionio, sans pourtant cesserd’être chaste , j’espère qu’011 m’accordera la per-mission de parler de la vigne et du vin , et desboissons vineuses , sans pourtant cesser d’êtresobre.
Deux sortes de liqueurs, dit Pline, contri-buent pour beaucoup à l’agrément de notre vie :l’une est le vin , l’autre est l’huile. Toutes lesdeux sont exprimées de divers végétaux, toutesles deux ont exercé l’intelligence humaine ;mais, quoique l’huile soit certainement plus né-cessaire , on a mis bien plus d’art à imaginer desboissons. Pline compte , en effet, cent quatre-vingt-quinze façons de vins et de liqueurs ; et ilse plaint que , de son temps , on avoit, en compa-raison, beaucoup moins d’industrie pour l’huile.{Plinii, liist. Natur. lÀb. XIV, 22.)
Nous avons aujourd’hui un nombre un peu plusgrand de végétaux oléifères , beaucoup moinscependant que nous ne pourrions en avoir, sides Ilozicr, des Parmentier, eussent été char-gés d’étendre les ressources de cette branche es-sentielle de notre économie ; mais nous n’avonspas eu besoin du secours des savans, p>our ajou-ter beaucoup à la liste des vins. Les liqueurs fer-mentées ont de l’attrait pour tous les peuples ,et les plus septentrionaux en sont lesplus avides.LesTartares ont leur koumiss ou kuniff, liqueurforte, tirée du lait de leurs jumens , et dont j’aidéjà parlé (tome I, troisième Lieu, chapitre XV,note (1 15 ) , page 498); les habitans du Kaints-chatka se procurent une autre ivresse avec le sucd’un champignon ; les sauvages de l’Amérique avoient imaginé plusieurs espèces de chica, etc.Il 11’est pas étonnant qu’ici l’esprit humain sesoitmontré plus inventif pour ce qui peut flatterle goût, que pour ce qui satisferoit des besoinsplus réels. Il en est de même en tout genre; etla mauvaise humeur de Pline , ou sa philoso-phie, peuvent s’exhaler à ce sujet : nous admi-rons son éloquence , mais sans nous corriger.Les sages ont beau dire ! le monde va toujoursson train. Laissons-le donc prêcher par d’autres,et en le prenant comme il est, tâchons de leservir dans la sphère innocente des occupationsrustiques.
Chez les Romains le luxe eut sur-tout pourobjet la somptuosité des riches. Les jouissancesdes modernes sont moins prodigieuses , maiselles sont plus générales. Les dernières classesdu peuple consomment des denrées qu’Apiciusni Lucullus n’ont jamais pu connoitre. Tous cesfameux Romains se mettoient sur des lits pour