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Tome II. IIe. Partie.
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H U I G T I E S M E LIEU

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On n’aura pas de peine à le croire, d’après ceque je vais dire.

Le punch est une liqueur dont la mode apassé d’Angleterre en France , et a pris , sur-tout depuis 1789 , beaucoup de faveur et d’ex-tension.

M. Cossigny fait, à ce sujet, des observa-tions très-curieuses , dans le premier volume deses Moyens d’amélioration pour les Colonies.Il observe qu’on fait maintenant à Paris , danstous les cafés , du punch au rum , c’est-à-direau tafia rectifié ou distillé une seconde fois. Onen consomme aussi beaucoup dans les ports demer et sur les vaisseaux. L’usage est de leprendre chaud et très-fort en spiritueux.

Dans les Indes orientales , suivant M. Cos-signy, on prépare le punch d’une manière dif-férente. On boit cette liqueur froide dans lesgrandes chaleurs, pour se désaltérer. On ex-prime du jus de citron , auquel on ajoute dusucre et beaucoup d’eau, avec très-peu d’arackde Batavia , ou de guildive , ou de tafia , oumeme d’eau-de-vie de France , que beaucoupde personnes préfèrent. O11 y ajoute de la mus-cade râpée , et un croûton de pain grillé etchaud. M. Cossigny croit cette liqueur plusdésaltérante, moins échauffante, et plus sa-lubre que le punch des cafés de Paris : il latrouve plus agréable. Il a vu préférer , dans lesIsles , le jus de la bigarade , ou orange amère, àcelui de citron , pour la préparation du punch.Quelques personnes y mettent de la canelle , ety font tremper les peaux des fruits qu’ils ontexprimés, pour donner du parfum à la liqueur;elle n’en est que plus cordiale. M. Cossigny avu faire du punch au vin de Champagne , auvin de Malaga , au vin de Constance, blanc , etmême au vin blanc de Bordeaux , auquel onajoutoit un peu d’eau-de-vie de France . Il en avu faire au syrop de limons , en guise de citrons ,et même au jus d’oranges douces. Le punch autamarin est peut-être le plus sain. On pourroitfaire du punch avec du sel d’oseille, ou du selde citron , aromatisé avec de l’esprit de citron.

Un limonadier de l’Isle-de-France, très-versédans son art , préparoit une liqueur , dont iltrouvoit un grand débit auprès des marins , etque l’on nommoit essence de punch : c’étoit

du jus de citron clarifié , dans lequel on avoitmis infuser , pendant quelque temps , des zestesde citron. Il ne s’agissoit, pour avoir du punch ,que d’en mêler avec de l’eau, du sucre, uncroûton grillé , et de la muscade râpée. Cetteessence de punch se conservoit très - bien, aulieu que les citrons , et même leur jus , sontsujets à se gâter , sur-tout en mer. M. Cossignypense que l’on pourroit préparer cette essencede punch dans les pays où les citrons sont très-abondans , et l’envoyer à Paris , ou ailleurs.Alors le punch, qui est par-tout très-cher,devroit baisser de prix.

M. Cossigny paroi t avoir cherché et essayé desmoyens d’empêcher le jus des citrons de se gâteren mer. Il ignoroit que notre illustre collègueM. Fourcroy, 11’a cessé d’indiquer , depuis dixans , dans ses cours publics de chimie , un pro-cédé économique , pour obtenir en grand l’acidecitrique dans les Colonies , où les citrons sontsiabondans, et où l’on en perd une si grandequantité. Je me rappelle de les avoir vus pourrirdans la boue des grands chemins, à Saint-Domingue : on ne daignoit pas les ramasser.Or , pour en tirer parti , et conserver leur acidesans altération , sous sa forme cristalline, il 11es’agiroit que d’exprimer le jus des citrons , dele saturer avec de la craie; de bien laver le ci-trate calcaire précipité , jusqu’à ce que l’eauchaude sorte limpide et incolore ; de bien sé-cher le précipité, et de l’envoyer pressé dans desbarriques bien fermées , où on le décoinposeroitpar l’acide sulfurique affoibli, pour en obtenirl’acide citrique pur. Ce procédé feroit valoir denombreuses quantités de citrons perdus jus-qu’ici, et fourniroit une matière qui manque sisouvent, qui est toujours rare et chère dans lesvilles du nord, et qui est si avantageuse pour lachimie et pour diverses maladies. Deux grammes(un demi-gros) de cet acide concret, dissous dansun kilogramme (deux livres) d’eau, avec unesuffisante quantité de sucre etd’oleo-saccharum ,fait avec l’écorce de citron , donnent, suivantM. I'ourcroy, une limonade très - agréable.{Système des connaissances chimiques , Paris ,an XI, in- 8 °., tome VII, pages 204, 211.)

M. Cossigny dit , avec raison , que tout cequi multiplie les jouissances de l’homme, ou