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Tome II. IIe. Partie.
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DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.

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qui peut rendre communes à un grand nombrecelles qui sont réservées aux gens aisés , doitêtre publié par un écrivainphilanthrope. Le phi-losophe qui dédaignera les détails de ce genre ,n’est peut-être pas aussi philosophe qu’il le croit.

M. Cossigny pense que l’on pourroit rendrele punch plus salubre , plus nourrissant , etpeut-être plus agréable, en employant, au lieud’eau, une décoction de drèche , ou de paingrillé. Il présume que le punch , étant frappéde glace , seroit une boisson très-agréable dansles chaleurs de l’été. Enfin il observe que sapréparation peut être variée de mille manières ,puisqu’on peut en faire à la groseille , framboi-sée ou non , en un mot , avec tous les sucs desfruits acides , en guise de citrons. Ceci me ra-mène à mon sujet. M. Cossigny ne parle pasnommément de l’épine-vinette; mais c’est detous les fruits indigènes celui qui est le pluspropre à suppléer le citron.

11 réunit les deux acides , malique et citrique,dans une proportion qui rend sa saveur vraimentexquise , quand son suc est combiné avec dusucre. Je l’ai éprouvé plusieurs fois dans les boisde nos Vosges , où l’épine-vinette n’est pas rare :en exprimant ses baies mûres sur un petit mor-ceau de sucre , on se procure sur-le-champ unrafraîchissement délicieux.

Les observations de MM. Fourcroy et Cos-signy, que je viens de rappeler , peuvent servirà deux fins. D’une part, elles doivent engagerles propriétaires du midi, qui ont des citrons enabondance , à préparer l’acide citrique , pour lefaire passer dans le nord. En attendant, on de-vroit, dans le nord , apprendre à se passer plusfacilement de ce secours , en donnant plus d’at-tention à cet utile arbrisseau de l’épine-vinette,dont toutes les parties peuvent servir. Il réussitdans toute sorte de fonds, demande peu desoins, se propage facilement. Ses feuilles ontun goût acide ; les cuisiniers peuvent même lesemployer à défaut d’oseille; c’est ce qui a faitdonner, par les Hollandois , à cet arbrisseau ,le nom d 'arbre des sauces. Quant à ses fruitsou baies, on préfère, pour l’usage , celles dela variété sans pépins ou noyaux. On recueilleces baies en Brumaire ou Frimaire (Octobre ouNovembre) , lorsqu’elles sont bien mûres , et

encore pleines de suc , un peu avant les grandsfroids. Quelques-uns croient qu’il vaut mieuxles cueillir après une gelée. On en exprime lesuc ; on le laisse reposer et clarifier ; on le metensuite dans des vaisseaux bien bouchés : il seconserve plusieurs années dans une bonne cave.Il seroit à désirer qu’il fût assez abondant pourêtre traité en grand par les chimistes, et pourdevenir usuel chez les limonadiers. Il doit de-venir précieux dans les ménages de campagne.

Le bois de l’épine-vinette sert pour touteteinture jaune ; il fournit aussi la couleur pourteindre les cuirs d’un beau vert.

L’écorce , le bois et le fruit, ont plusieursvertus médicinales ; ils sont vermifuges et fébri-fuges. En tout, cet arbrisseau mérite d’être plusconsidéré, plus répandu et plus cultivé qu’il nel’est; il fait une bonne clôture; nous nous enrapporterons à ce qui en est dit dans le Mémoiresur les haies , par M. Amoreux (déjà cité dansce volume, Lieu sixième , note (1 72), page 524,colonne II ) , article des haies épineuses.

« Ce que nous présente de plus utile cet arbris-seau ( le vinetier) pour notre objet, ditM .Amo-reux , ce sont ses piiquans affilés et tricuspidesqui accompagnent les bourgeons, et qui péné-treraient jusqu’aux os celui qui auroit l’impru-dence de franchir une telle haie. Ses feuilles sontencore bordées de petites épines dont il faut segarantir. Cet arbrisseau est donc l’un des pluspropres à former des haies épineuses ; les anciensbotanistes l’avoient dénommé d’après cet usage,herberis dumetorum. Quoiqu’il ne soit plus demode comme autrefois , il n’en est pas moinsutile : on le trouve ordinairement dans les paysfroids et montagneux. On peut le multiplier fa-cilement par rejets. On peut donc rechercher levinetier quand on a affaire à des terrains ingratsqui se refusent à la plantation d’autres arbris-seaux pour les haies : les plantes qui nous épar-gnent de la culture sont souvent les plus pré-cieuses , etc. L’épine-vinette est presqu’un objetde commerce à Chanceau , dans l’Autunois. »

Je n’ai pas cru devoir parler de l’épine-vinetteemployée comme confiture , car elle exige tropde sucre , ce qui la rend très-chère ; mais sesjeunes boutons se confisent dans le vinaigre, etpeuvent tenir lieu de câpres.