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Tome II. IIe. Partie.
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HUICTIESME LIEU

Il n’y a rien de si aisé que d’approprier cesméthodes aux rameaux , au feuillage , et auxbaies du genévrier, qui est assez commun danstoutes nos montagnes et les terreins arides. Cequi est étonnant, c’est que nous ne sachionspas même profiter de ce don que le plus mau-vais sol nous fait très - gratuitement. Malgréle besoin , dit Burtin , que nous avons pour nosfabriques de genièvre , de cette matière pre-mière , nous sommes assez indolens pour la ti-rer de l’étranger , au lieu de la cultiver cheznous. Qui plus est, nous ne daignons pas seu-ment recueillir les baies que nos terreins incu ltesnous offrent en tant d’endroits. Ce reproche n’estpas moins applicable au reste de la France , qu’ilne l’étoit à la Belgique . Nous laissons aux mer-les , aux grives, aux étourneaux , etc. , le soinde répandre sur terre les baies du genévrier; etnous les achetons ailleurs , tandis que nous pour-rions en vendre au reste de l’Europe .

Madame Gacon - Dufour a donné dans sonBecueil d’économie rurale un article qui rentredans nos vues , et que nous nous faisons unplaisir de reproduire ici. Le genièvre est unedes bases de la boisson économique dont elle apublié la recette suivante.

Vin du Pauvre .

L’été est la saison la plus pénible de l’an-née , et la plus laborieuse pour les habitans dela campagne : c’est celle où ils ont le plus be-soin de forces, et de réparer celles qu’ils peuventperdre journellement par l’excès de la fatigue:la soif est leur supplice. La nécessité d’appaisercette soif par de l’eau simple, quelquefois crou-pie, ou trop froide , est la source de leurs mala-dies. On a vu des moissonneurs tomber presquemorts , parce qu’ils avoient eu l’imprudence deboire de l’eau trop fraîche, ou de l’eau de mare.Le vin même , lorsqu’il n’est pas trop cher , l’estencore trop pour eux. Leur indiquer une bois-son avec laquelle ils puissent y suppléer, dontle goût, la couleur , et la force , leur fassent il-lusion , qui leur tienne le corps frais, libre etdispos , et leur fasse , pour ainsi dire, savourerleur pain avec plaisir, c’est leur rendre un serviceessentiel. (Voyez ce que j’ai dit, dans le mêmesens , tome I, pages 099, 400 , 4^4 ; 4^5 » etc.)

Le procédé est simple et facile : il faut prendrequinze kilogrammes ( trente livres ) de groseillesrouges et blanches ( cette dernière est plus douceet plus juteuse, suivant madame Gacon - Du-four') ; autant de kilogrammes de cassis ; autantde petites cerises , queues et noyaux; mettre letout dans un tonneau , et le broyer avec un grandbâton; puis faire bouillir deux litres (deux li-trons et demi ) de genièvre dans cinq à six litres( cinq à six pintes ) d’eau ; y ajouter un quart dekilogramme (une demi-livre), ou un demi-kilo-gramme (une livre) au plus de miel, afin debien faire fermenter le genièvre; puis le mêler,après qu’il aura fermenté , avec le jus des fruits.Quand il aura été remué trois ou quatre fois envingt-quatre heures, on fermera le tonneau eton le remplira d’eau. Cette seule quantité defruits doit donner cent cinquante litres ( plusde cent cinquante pintes) d’excellente boisson.

On peut encore, pour lui donner plus deforce , y mêler un litre ou deux ( une junte oudeux ) d’eau-de-vie; alors il n’y a presque pointde différence avec le vin.

Les propriétaires de grands terreins devroientengager leurs fermiers à se jrrocurer cette bois-son, afin d’en aider les malheureux ouvriers.

C’est à la mi - Messidor (au commencementde Juillet) qu’on fabrique ce vin du pauvre:provision essentielle , même dans les pays vi-gnobles.

IV°. Des Groseilles.

L’article auquel Burtin s’est principalementattaché dans son Mémoire, est le groseiller usuel(ribes officinarum, ribes rubrum) , dont le fruit,selon lui , remjdace :

Le jus de citron ;

Les oranges douces ;

Les vins étrangers ;

Le vin de Madère ;

Le vin de Malvoisie ;

Le vin du Necker ;

Le vinaigre de vin ;

Et les vinaigres étrangers.

Il a pris le vin de groseilles pour le type desvins de fruits; il en parle avec une sorte de cha-leur et d’enthousiasme , qui fait au moins l’é-loge de ses bonnes intentions,

II