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Tome II. IIe. Partie.
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HUICT1ESME LIEU

convaincre de la possibilité de cette contrefaçonparticulière.

Il ne rapporte point cette recette, ni les autresdont il parle : il a craint apparemment que celane dérogeât un peu à la dignité d’un mémoireacadémique. N’ayant pas les mêmes scrupules,et ne briguant ici d’autre succès , ni d’autrepalme , que de me rendre utile aux habitans denos campagnes , j’en userai différemment, et jetranscrirai deux procédés ; j’indiquerai en outre,d’après Burtin lui-même , les livres où l’on peuten trouver quelques autres.

i°. La première recette a été donnée d’aprèsRay } dans le Uictionnaire d’Histoire Natu-relle, par M. Valmont - de - Bomare , articlegroseiller, l’un des premiers ouvrages qui aitrépandu parmi nous le goût d’une science aussiutile qu’agréable. C’est un service essentiel rendupar ce savant , et qu’on ne doit pas oublier.

« Ray dit que les Anglois font du vin des gro-seilles mûres , en les mettant dans un tonneau ,et en jetant de l’eau bouillante par-dessus; enbouchant bien le tonneau , et le laissant dansun lieu tempéré pendant trois ou quatre se-maines , jusqu’à ce que la liqueur soit bien im-prégnée du suc spiritueux de ces fruits, quirestent alors insipides. Ensuite , on verse cetteliqueur dans les bouteilles , et l’on y met dusucre ; on les bouche bien , et on les laisse jus-qu’à ce que la liqueur se soit mêlée intime-ment avec le sucre, par la fermentation , et soitchangée en une liqueur pénétrante et semblableà du vin. »

2°. La Société philanthropique de Philadel-phie a publié , dans son Recueil pour l’année1771 , la recette suivante , au sujet du vin degroseilles que l’on prépare à Bethléem , dans lesEtats-Unis .

Cueillez les groseilles très-mûres ; pilez-lesdans un tonneau , ou placez-les sous un pres -soir ; tirez le j us à clair : ajoutez-y les deux tiersd’eau , et un kilogramme et demi (trois livres)de sucre de moscouade, dans une mesure de cemélange. On peut, à son défaut , se servir desucre brun bien clarifié ; remuez jusqu’à ce quele sucre soit fondu , et jetez le tout dans un ton-neau. Ce mélange , avec le suc de groseilles ,doit être exécuté promptement, de peur que ce

suc n’ait commencé à fermenter. Le tonneau doitêtre bien net, et n’avoir contenu ni cidre , nibière ; il ne faut pas le remplir exactement. Cou-vrez légèrement l’ouverture, fermez-le au boutde trois semaines, et laissez l’évent ouvert jus-qu’à ce que le vin ait cessé de fermenter, ce quiarrivevers le milieu de Brumaire (fin d’Octobre).Ce vin conservé sur sa lie, pendant deux ans ,n’en devient que meilleur.

La Société de Philadelphie a publié cette mé-thode pour engager les habitans de la Pensylva-nie et du Maryland , à imiter ceux de Bethléem .Elle prétend que ce vin de groseilles approchede celui de Madère, et surpasse tous les autresvins que l’on transportoit alors de l’Europe dansles Colonies angloises. Sa recette a été trans-crite par Rozier, dans le Journal de Physique(toinel, in-4 0 ., 1773, page 184 ); mais il nevoit, dans son produit, qu’un vin de sucre , aro-matisé par un quart de suc de groseilles : nousverrons, tout-à-l’heure, comme il l’a corrigé.

Burtin s’appuie en outre d’un témoignage singu-lier qu’il trouve dans le huitième Essai des Actachemica Holmiensia. Cet essai de M. Hierne estrelatif aux moyens de pourvoir la Suède des ar-ticles nécessaires qui lui manquent naturelle-ment ; sujet excellent à traiter dans toutes lescontrées , et qui mériteroit sur-tout de l’être enFrance , quoique son sol soit plus fertile , sonciel plus favorable , et qu’elle soit bien plus peu-plée. Virgile a dit, avec raison :

Non omnis fert omnia tellus.

Nul pays n’a tout en partage.

Mais, dans chaque pays, il est des ressourceslocales qu’on doit étudier , pour parer aux be-soins que le commerce extérieur 11e remplit qu’àgrands frais ; et qui, une fois contractés, s’ir-ritent douloureusement , quand le commercesuspendu ne sauroit plus les satisfaire.

Les objets nécessaires, dont les Suédois sontprivés , sont bornés , par M. Hierne, à troisarticles principaux ; savoir : le sel , le vin ,l’huile d’olive. Il propose à sa patrie, avec toutesles instances dont son zèle et son savoir le ren-dent capable, de suppléer au vin de raisins parcelui de groseilles. Il est si persuadé que cedernier a toutes les qualités requises pour être