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Tome II. IIe. Partie.
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826 IIUICTIESME LIEU

moules, et on conserve pour l’usage. Les mem-branes qui restent après la séparation de lagraisse portent le nom de cretons-, ils sont em-ployés à faire de la soupe pour les cliiens , ou àengraisser les oiseaux de basse-cour.

Il y a deux manières de faire les chandelles ,les unes en plongeant la mèche dans le suif, lesautres se jettent en moules. Il seroit superflud’indiquer ici la manière de faire les premières ,elles ne peuvent être préparées avec soin que parles ouvriers habitués à ce travail , et elles se-roient très-mal faites par les habitans de la cam-pagne. Quant aux chandelles moulées, chaqueménage peut en préparer pour sa consommation.On commence par se procurer des moules 5 cesont des tuyaux de métal, composés de troisparties; savoir: le colet, la tige, et le culot;cette dernière partie contient un petit crochetpour tenir la mèche , le colet et la tige sontréunis. Les moules peuvent être de fer-blanc ,de plomb , ou d’étain allié. Ce dernier métal estpréférable , et quoique plus dispendieux , il y aplus d’économie à l’employer, parce qu’il dureplus long-temps. On établit les moules sur unetable , ou planche de bois , percée de trous ; onplace dans chacun une mèche de coton que l’ona préparée et roulée entre les doigts en réunis-sant plusieurs fds de coton, suivant la grosseurde la chandelle ; une mèche trop petite 11e ré-pand pas assez de lumière, une trop grosse faitque la chandelle fume beaucoup , et 11e durepas : l’habitude sait déterminer la grosseur desmèches; ce qui importe le plus , est d’employerde beau coton , exempt de corps étrangers et dedébris du végétal. Les mèches une fois dispo-sées sont introduites dans les moules , à l’aided’une petite tige de fer appelée aiguille à mè-ches ; on fixe une des extrémités de la mècheau crochet du culot, l’autre extrémité débordele colet. Quand tous les moules sont garnis demèches, il ne reste plus qu’à les remplir de suif,ou, comme disent les chandeliers, à jeter leschandelles ; pour cela, on prend parties égalesde suif de mouton et de vache, qu’on fait fondredans une petite bassine avec un peu d’eau ; quandle suif est fondu, on le verse dans un autre vasegarni d’un robinet, placé à neuf ou douze cen-timètres ( trois ou quatre pouces ) du fond , on

le laisse reposer un instant, et on en remplit desespèces de burettes à bec. Lorsque le suif com-mence à se figer , on le verse promptement dansles moules qui, par ce moyen , se remplissentaisément, et le suif ne peut s’écouler par le troudu colet qui se trouve exactement fermé par lamèche. Il faut avoir soin , avant d’en verser dansle moule de nouveau , de tirer le bout de lamèche qui sort par le colet , et cela parce quequelques mèches pouvant être dérangées par lesuif, il est à propos de remédier à cette inflexionavant qu’il soit figé. Il faut que le suif soit figéet même durci dans le moule avant d’en retirerla chandelle.

La meilleure saison, pour préparer les chan-delles , est le printemps. Dans le cas où la pro-vision ne seroit pas faite à cette époque, il fautattendre l’automne. Voyez ce que j’ai dit à cesujet, ci-devant, note ( 35 ) de ce Lieu, page 812,colonne II. On conserve les chandelles dans unendroit sec, à l’abri des chats et des animauxrongeurs, tels que les rats , les souris. Quelque-fois on les expose à l’air avant de les renfermer,pour leur faire acquérir plus de blancheur et defermeté. (P.)

(73) Les préceptes généraux qu’ Olivier deSerres recommande dans ce chapitre au père età la mère de famille, forment un véritable coded’économie domestique, dont la lecture ne sau-roit être trop recommandée, aux grands pro-priétaires sur-tout, qui, mieux que tous autres,sont à portée d’en faire l’application d’une ma-nière avantageuse à leurs intérêts.

Chaque propriété agricole devient , d’aprèsnotre auteur, une véritable manufacture, ouplutôt une réunion de manufactures utiles auxintérêts du propriétaire et à l’amélioration desfonds. Olivier de Serres veut que la maison rus-tique suffise à tout, et il a raison. O11 trouveencore, dans quelques parties de l’Europe , deces grandes propriétés , sur lesquelles tous lesmoyens de tirer parti des produits se trouventréunis ; et il existe encore dans le fond de plu-sieurs de nos Départemens, des cultivateurs quise suffisent à eux-mêmes; mais le morcellementet la subdivision des propriétés ont bientôt forcéde changer la nature des cultures, de les diminuer

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