APPRÊTS DE LA LAINE.
Hallage.
8. Les laines étant séchées doivent être battues. A cet effet one'tend les toisons sur une claie, et un ouvi'ier armé , de chaquemain, d’une gaulette ou baguette de houx de la grosseur d’undoigt, frappe dessus avec force et vitesse par coups alternes.La laine s’ouvre, se dilate, laisse échapper les ordures qui ysont mêlées , et qui passent au travers de la claie.
9. La claie est formée par des cordes de la grosseur du doigt,passées dans des barres percées, et disposées de manière qu’onpuisse les serrer en lacet à volonté, pour les entretenir toujourstrès-tendues ; elles en sont par-là plus élastiques , et concourentavec les baguettes à dilater plus mollement et plus promptementla laine , et à la purger beaucoup mieux.
10. Le batteur doit avoir l’attention de ne battre que sur lechâssis , c’est-à-dire , qu’il doit observer que ses baguettes nefrappent point la laine à plomb de toute leur longueur -, maisseulement par l’effet du ressort. Cette opération n’ayant pourobjet que de faire tomber les ordures et d’ouvrir la laine, si lesbaguettes la frappent directement, elles la resserrent au con-traire et tendent a la feutrer.
Puisage en maigre.
11. Le puisage ou épluchage après le battage , a pour but deséparer de la laine toutes les parties durcies ou jaunies et tena-ces qui s’y trouvent entremêlées et qui rendraient le peignageou le cardage plus difficile , et la laine moins blanche et moinsdouce. Ce sont des femmes qui font ordinairement ce travail :elles coupent, avec de petites forces à main , toutes les partiesquelles n’ont pu séparer autrement.