APPRÊTS DE LA SOIE.
T 4
Article iii.
Apprêts de la soie.
45. Jusqu’au sixième siècle de l’ère chrétienne , l’art de fa-çonner la soie n’était connu et pratiqué que par les Chinois etquelques autres peuples de l’Asie . Du tems d’Aurélien, les étoffesde soie étaient si rares en Europe , que cet empereur ( suivantle témoignage de T^opisque ) refusa à son épouse une robe desoie , quelle lui demandait avec beaucoup d’instance, par laraison qu’elle coûterait trop.
46. Les vers à soie furent imp ortés en Europe par deux moi-nes qui en l’an 555 apportèrent de l’Inde à Constantinople ,ces précieux insectes , avec les instructions nécessaires pourles élever, pour en tirer et filer la soie. Les premières fabri-ques d’étoffes de soie furent établies à Athènes , à Thèbes , àCorinthe , à Palerme . Ce ne fut que vers le quinzième sièclequelles commencèrent à se propager en France .
47 . Les méthodes de faire éclore les vers à soie, de les élever,de les nourrir , de les gouverner , étant du ressort de l’agrono-mie , nous ne devons point nous en occuper. Il suffit que nousjetions un coup d’œil rapide sur les préparations que reçoiventles coques avant le tirage. Ces préparations sont de deux espèces :les unes ont pour but d’étouffer les vers à soie renfermés dansles coques ; les autres consistent dans un triage pour séparer lesplus belles coques d’avec celles qui sont défectueuses.
48. Lorsque la coque est dans sa perfection , il ne faut pointlaisser le temps à l’insecte de percer l’enveloppe qui l’entourepour sortir de la prison qu’il s’est lui-même fabriquée, car,si cela arrivait, la coque ne serait plus susceptible de fournir unfil continu, tel que l’exigent les opérations du tirage. Il faut