LOUPS, MACHINES BATTANTES, ARÇONS. 47
i'j3. De cette observation, et de plusieurs autres analogues ,faites sur des cheveux, des crins , des brins de laine, et, en gé-néral, sur les poils de tous les animaux, Monge en a conclu leprincipe que nous venons d énoncer.
154. D’après cela , il est facile, dit-il, d’expliquer pourquoi lecontact des étoffes de laine sur la peau est rude, tandis que ce-lui de la toile est doux, car les aspérités des brins de la laine,quelque flexible, d’ailleurs, que soit chaque brin en particulier,en s’accrochant à la peau, font éprouver une sensation désa-gréable , à moins qu’on n’y soit accoutumé, tandis que les fi-bres ligneuses du chanvre et du lin, dont la toile est comp osée,et dont la surface est lisse, ne peuvent faire éprouver rien dSpareil. On voit encore que la qualité malfaisante de la laine,pour les plaies, n’est occasionée par aucune propriété chimique,et qu’elle vient uniquement de la conformation de la surfacedes brins; les aspérités s’accrochent aux fibres qui sont à décou-vert, les irritent, les déchirent, et occasionent de l'inflam-mation.
155. Monge explique de la manière suivante, comment cetteconformation des poils de tous les animaux est la principalecause de la disposition au feutrage qu’ont en général tous cespoils.
Lorsque le chapelier arçonne, en frappant avec son archetles flocons de laine , il détache et isole en l’air chacun des brinsen particulier ; ces brins retombent les uns sur les autres et danstoutes sortes de directions, sur la table où ils forment une cou-che d’une certaine épaisseur ; puis l’ouvrier les recouvre d’unetoile qu’il presse avec les mains étendues, et en les agitant endivers sens, la pression rapproche les brins de laine les unscontre les autres, et multiplie leurs points de contact ; l’agita-tion leur donne à chacun un mouvement progressif dirigé vers la