DES FILATURES. io5
faire plusieurs tours de roue sans remuer la barre, on donne unléger mouvement à la manivelle en sens contraire, et enfin onpresse la pédale en même temps qu’on ramène la barre et qu’ontourne la manivelle.
Si pendant qu’on effectue ces opérations des fils se cassent,et que les bouts pendans s’accrochent à d’autres, il faut arrêtersur-le-champ, et raccommoder ces fils.
345. Le plus grand défaut de cette mécanique est que, si l’onrecule la pince pour étirer les fils fins , les fils gros se replientsur eux-mêmes, et sont exposés à se brouiller et à s’accrocher.C’est pour éviter ce défaut très-grave que l’on a abandonné laméthode de la pince mobile, et que l’on a imaginé les mécani-ques à chariot, appelées mull-jennys , dont l’usage est mainte-nant adopté dans toutes les filatures de coton et de laine cardée.
346» Indépendamment du défaut que nous venons de signa-ler, cette machine en a plusieurs autres : i°. la barre mouvanteest sujette à se déjeter; 1 °. toutes les cordes qui font mouvoir lesbroches correspondent au même tambour : il en résulte diversdegrés d’obliquité qui produisent des irrégularités de mouve-ment, occasionés par les divers angles que forment les lignes detraction des cordes, et par la différente pression qu’elles exer-cent sur les poulies des broches ; 3°. la pédale est encore unenouvelle source d’irrégularité, et son usage est fort incommode.Ces inconvéniens et plusieurs autres ont fait abandonner cettemachine, que deux motifs nous ont engagés à décrire , c’est-à-dire : i°. pour servir à l’histoire de l’art; 2 0 . parce quelle ren-ferme quelques parties qui ont été conservées dans les nouvellesmachines, et qui sont propres à en faciliter l’intelligence.
Mécaniques à filer actuellement en usage.
347 . La laine cardée , la laine peignée, le chanvre ou le lin,
Des Machines propres à confectionner les étoffes. i4