Des circonstances, toutes fortuites sans doute, m’appelèrent, dèsma sortie de l’École des Ponts et Chaussées, à conduire des travauximportans* . Éloigné de mon ingénieur en chef, je dus presqueconstamment me suffire à moi-même. C’est alors que je mesurai dequelle utilité auraient été pour moi des documens laissés par mesdevanciers, et qui m’eussent permis de suivre tant d’habiles praticiensdans leur carrière de constructeurs.
Plus tard, deux fois placé à la tête de grands travaux de com-pagnie**, et bien qu’ayant déjà quinze ans d’expérience, je sentais,plus vivement encore peut-être, le besoin d’interroger ce qui avaitété fait, d’approfondir ce que d’autres avaient médité; et je fusfrappé de ce que mes recherches, en fait de tradition, me laissassenttoujours tant à désirer.
Ce sont ces souvenirs qui m’ont déterminé à publier les étudesqui suivent ***.
Puissent-elles assez mériter l’indulgence de mes Camarades pour nepoint compromettre le sort d’une pensée qui est devenue pour moiune conviction, et qui, exploitée avec plus de talent, me paraît denature à contribuer d’une manière si efficace aux progrès de lascience de l’ingénieur.
' Le Canal de Saint-Maur, près Paris , commencé en 1810 et terminé en 1825.
" La Gare de Charenton, commencée en 1824 et terminée en 1826; le Pont d'Ivry , livré à la circu-lation le 1 er . mars 1829.
"* Ces études m ont souvent rappelé que je dois des remercîmens sincères à M. Eustache, alors Ingé-nieur en chef directeur du département de la Seine , aujourd'hui Inspecteur divisionnaire , et que j'endois également à M. 1 Ingénieur Coriolis. Ce fut de concert avec M . Eustache que je préparai les projetsdu Pont d’Ivry ; ce fut M. Coriolis qui me seconda dans l'exécution d’une grande partie des routesneuves à établir.