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PREMIER MÉMOIRE
SUR LES CANAUX DE COMMUNICATION
NÉCESSAIRES AU COMMERCE.
Août 1777.
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La navigation maritime s’est tellement perfectionnée par l’usage de la bous-sole, les découvertes astronomiques, et la solidité que l’on a donnée aux vais-seaux de transport, que les voyages de long cours sont devenus de la plus grandefacilité. Les découvertes des navigateurs se sont multipliées, les peuples les pluséloignés sont devenus voisins, et les productions des quatre parties du mondesont devenues communes entre tous scs habitants.
Les nouvelles jouissances produisent de nouveaux désirs, et l'homme, encoreplus ardent à se procurer des agréments nouveaux qu’à satisfaire à ses simplesbesoins, n’a mis aucune borne à ses recherches et à son activité. Les productionsvariées des divers climats n’ont pas suffi à son ardeur insatiable de posséder denouvelles choses. Il a mis à contribution l’industrie de toutes les nations. Lesmanufactures du levant ont servi à habiller les habitants du couchant, et cellesde l’Europe ont fourni tous les peuples de l’univers.
Le commerce extérieur a déterminé celui de l’intérieur : on a vu avec quelquehonte qu’il était souvent plus difficile de communiquer entre les différentes pro-vinces d’un royaume qu’entre les parties du monde entier. On a construit partoutdes grands chemins ; on a cherché à perfectionner la navigation des rivières,et môme à en former de factices dans les endroits où la nature semblait avoirabsolument refusé ce secours.
Ces découvertes ont sans doute servi à augmenter le luxe, mais si le luxe aproduit quelques maux, on ne peut disconvenir qu’un commerce aussi étendu
La navigation mari-time a rendu les pro-ductions de la terrecommunes à tous seshabitants.