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!.c* grands cheminset surtout les rivièrescl les canaux sont ce«lui favorise le plus lecommerce.
l es transports parrau sont beaucoupmoins dispendieuxqueceux par terre.
que celui qu’il a occasionné n’ait procuré aux hommes une abondance et uneaisance inconnue aux peuples les plus riches de l’antiquité; et, ce qu’il estimportant de considérer, c’est que le commerce les a accoutumés à un travailsuivi, qui est peut-être la principale source de bonheur dont peut jouir le peuple.Lorsqu’il fait ce travail sans gêne, il le fait toujours avec plaisir parce qu’iltrouve par là le moyen de satisfaire ses désirs et ses besoins.
Le meilleur moyen que le gouvernement puisse employer pour procurerl'aisance à tous les ordres des citoyens, est sans contredit de faciliter le débitdes denrées, et il n’y en a point de plus certain et de plus simple que de rendrefaciles et commodes les communications entre les différents états, et entre lesdifférentes provinces de chaque état. C’est alors que les habitants des pays quiont quelque superflu le portent sans obstacles, et à peu de frais, chez ceux oùde mauvaises récoltes rendent ces denrées rares ; et cette facilité du transportest aussi avantageuse à ceux qui achètent qu’à ceux qui vendent.
Les grand chemins que l'on a construits dans toute l’étendue de la France luiont, en grande partie , procuré cet avantage. L’uniformité dans le prix desdenrées s’est établie, à très peu de chose près, entre sa capitale et ses différentesvilles, le commerce intérieur a été facilité partout. Mais lorsque les provincesqui éprouvent des disettes sont éloignées de celles qui ont eu des récoltes abon-dantes, elles ne peuvent, malgré celte facilité, s'en procurer qu’à grands fraisle superflu , à cause de la dépense considérable qu’occasionnent les transportspar terre, lorsqu'ils se font au loin. Les grands chemins peuvent empêcher ladisette, mais non pas la cherté. Leur plus grande utilité est pour le commercequi se fait de proche en proche ; les véritables chemins pour les grandes com-munications sont les mers, les rivières et les canaux navigables.
On sait assez que les transports par terre sont beaucoup plus dispendieux queceux qui se font par eau; et les frais qu’ils occasionnent étant toujours prélevéssur le prix de la vente, ils enchérissent les denrées , et, par une suite nécessaire,en diminuent la consommation. Les transports par eau sont, par cette raison,presque toujours préférables, et l’on ne saurait douter qu'il ne fût de la plusgrande importance pour 1 intérêt d’un état, de former autant qu’on le pourraitces sortes de communications, et de se servir de celles que donne la nature enles perfectionnant lorsque cela est possible. Les avantages n’en sont pas mêmebornés à ceux du commerce seul, l’agriculture y gagne considérablement, lapopulation en est augmentée, et les arts ainsi que les sciences s’en ressentent.
Il n’est pas douteux que les transports qui se font par terre n'occupent une