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quantité de chevaux et de bêtes de trait qui seraient rendus à l’agriculture siI on faisait les transports par les rivières et les canaux, et eet objet est bien plusimportant qu’on ne pense (1). On n’aurait peut-être plus besoin en France d’acheter à grands frais de l’étranger des chevaux pour les remontes de la cava-lerie, ce qui fait sortir du royaume des sommes considérables. On ferait la-bourer des prés, et l’on rendrait à la nourriture des hommes le produit d’unegrande partie des terres qui sont employées à nourrir les bêtes de trait, dont lenombre serait beaucoup diminué.
Les grandes routes qui sont extraordinairement dégradées par le passage desgrosses voitures, dont on se sert principalement pour les longs voyages, devien-draient faciles à entretenir, sans être moins utiles et moins fréquentées pourle commerce de proche en proche, et surtout pour servir à conduire sur lesrivières et les canaux les marchandises dont on serait toujours sûr d’avoir ledébit. Enfin, l’impôt onéreux des corvées ou des prestations en argent qui lesremplacent serait considérablement diminué.
Je n’entrerai pas dans de plus grands détails sur cet objet, qui est assez connu,et qui a déjà été démontré avec la plus grande évidence par tous les auteurs quiont écrit sur les canaux.
Si les communications par eau sont en général très utiles, on doit cependant u .^ÎJîusfavurîufics"^!présumer qu’il y a certains pays ou elles le sont davantage que dans d'autres. ,0 '‘"" erte '
Les pays qui doivent être les plus favorables au commerce sont sans contreditceux qui ont le plus de côtes maritimes, et dont l’intérieur est coupé d’un plusgrand nojmbre de rivières et de canaux. Quant au premier objet, les îles ontde grands avantages sur les continents, et c’est par cette raison qu’il n’y a peut-
(1) M. Perronct observe, clans son mémoire sur le canal de Bourgogne , que celui de Briareproduit une épargne réelle de 550 hommes et de 3000 chevaux , qui seraient continuellementoccupés au transport des marchandises que l’on y embarque. Il observe encore qu’il faudrait3000 arpents de terre pour nourrir ce nombre de chevaux, et que cette quantité de terrainsemée en bled, légumes et fourrages, pour la nourriture du bétail nécessaire à leur culture,suffirait pour nourrir 24,000 hommes.
En suivant la même proportion pour le canal de Languedoc et ceux qui sont projetés enBourgogne et en Picardie., on doit compter que ces canaux produiraient sur les terres labou-rables une épargne suffisante pour nourrir plus de 70.000 hommes, et rendraient plus de10,000 chevaux à l’agriculture et à la guerre. On assure que la dépense que l’on a faite pourles chevaux que l’on a tirés de la Suisse , dans la guerre de 1758, montait à plus de sixmillions.
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