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étaient conduites sur la mer Rouge ou sur le golfe Persique , d’où elles étaienttransportées dans les différentes parties de l’Europe .
Après l’invasion de cette partie du monde par les peuples du nord, qui anéan-tirent tout commerce, les Vénitiens et quelques autres peuples d’Italie furent lespremiers qui montrèrent aux autres nations jusqu’où l’on peut, par ce moyen,porter la splendeur des États; et pendant un long temps ils furent seuls en pos-session de tout le commerce du monde. La situation de l’Italie et sa forme, quiest une longue péninsule également éloignée des parties orientales et occidentalesde l’Europe , contribuait beaucoup à la prééminence que ce peuple eut pendantun temps sur tous les autres, par ses richesses et son commerce.
Avant les Italiens, les Arabes , postérieurement aux Tyriens et aux Carthagi-nois, avaient été les seuls peuples commerçants. C'était encore la situation deleur pays qui leur avait donné cet avantage. Placée entre la mer Rouge et legolfe Persique , bornée des autres côtés par l'Océan indien et la Méditerranée,à peu de distance de la mer Caspienne et delà mer Noire , l’Arabie était sansdoute le pays de l’univers le mieux situé pour être l’entrepôt de l’Asie, de l’Eu-rope, et même de l’Afrique , du moins lorsqu’on ne faisait pas encore par merdes voyages de long cours.
Mais depuis que l’on eut découvert un passage aux Indes-Orientales par leCap de Ronne-Espérance, quoique plus long de plus du double que par la merRouge , pour la plupart des peuples de l’Europe , il eut une préférence absoluesur l’autre, parce que l’on évitait totalement par-là les transports par terre, etle passage chez des peuples inquiets et voleurs qui rançonnaient les commer-çants.
Le commerce de l’Europe passa alors presque en entier entre les mains desPortugais , qui avaient fait la découverte de ce passage, et qui en étaient lesplus proches. Il se partagea ensuite avec les Hollandais, et quelque temps aprèspresque toutes les puissances de l’Europe y prirent part. Celui des Italienstomba alors presque entièrement, parce que ces peuples, qui, après les Turcs,étaient les plus proches des Indes-Orientales, en passant par la mer Rouge , s’entrouvaient alors les plus éloignés des peuples commerçants de l’Europe , enpassant par le détroit de Gilbraltar et doublant le Çap de Bonne-Espérance (1).