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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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La communication laplus importante à for-mer pareau seraitcol-le de la tft'ditcrrantieîi la mer Rouge.

Malgré les avantages qui sont résultés de ce passage aux Indes-Orientales, ilparaît néanmoins que la communication par eau, de la mer Méditerranée avecla mer Rouge , serait encore le projet le plus important qu’il y eût à exécuterpour le commerce de l’Europe , puisqu'il abrège considérablement la longueurdu transport, et surtout les risques trop réels d’une navigation de plus de 4-,500lieues, qui serait réduite à moins de 2,000 pour la plupart des puissances decelte partie du monde.

Cette communication peut cependant s’opérer par le moyen d’un canal quitraverserait l’isthme de Suez, et qui aurait au plus 50 lieues de longueur.

On est assuré que ce canal a été entrepris autrefois, mais il est encore douteuxqu'il ait été porté à sa perfection et qu'il ait jamais été fort en usage.

Sans adopter l’opinion qui attribue à la trop grande différence du niveau desdeux mers l’abandon que l’on a fait de cet ouvrage , il peut néanmoins se faireque la pente du canal en question eût été assez considérable pour que le trajeten fût fort difficile, surtout dans le temps du flux qui élève les eaux dans lamer Rouge, tandis qu'il ne se fait pas sentir dans la Méditerranée . Mais il fautobserver que si, dans le siècle des Ptolémées , cet obstacle était invincible , il nel’est plus depuis l'invention des écluses.

Cependant si ce canal se trouve dans un terrain absolument sablonneux et sansconsistance, il est certain qu’il doit être très difficile d'y faire subsister un pareilouvrage, soit parce que les filtrations, en s'insinuant assez avant sous les sables,peuvent faire tomber les bords dans le fond du canal, soit par les vents quipourraient produire le même effet, soit plutôt par le flux cl le reflux qui. sefaisant sentir dans le canal, auraient bientôt formé des barres et des digues, qui,en retenant les eaux au niveau du golfe arabique, leur intercepteraient touteissue. Ce sont sans doute ces raisons, toujours subsistantes, qui ont pu fairetaxer d’absurdité, par quelques auteurs, le projet que le grand-seigneur a eu.dit-on, de nos jours (1), de rétablir cette ancienne communication.

Mais si l'emplacement de cet ancien canal le rend essentiellement imprati-cable, à défaut d’un entretien considérable, la proximité où le IXil est de la mer

et, par le Cap de Bonne-Espérance , 4,700. De sorte que le trajet par le Cap de Bonne-Espé-rance est, pour Venise, plus de trois fois plus long que par la mer Bouge ; pour Marseille ilest deux fois et demie plus long ; pour Cadix deux lois et un dixième, et pour Londres unefois et cinq sixièmes. Pour les puissances du Nord et pour la Hollande la différence est encorebien moins considérable.

(t) Voyez les Recherches philosophiques sur les Egyptiens et les Chinois.