La communication dela mer des Antilles à lamer du Sud ne paraitpas aussi Avantageuseijue celle de la merRouge A la Méditerra-née.
Moyens de jug*r descommunications lesplus importantes en-tre les grandes mers.
double, et souvent plus du triple de ce temps, en passant par le Cap de Bonne- Espérance , outre que cette voie est sujette à de fréquents inconvénients et à degrands dangers.
L'isthme de Panama , en Amérique , sépare, comme celui de Suez , deuxgrandes mers ; l'intervalle de l’une à l’autre n’est ici que de 15 à 16 lieues, etl’on peut même, en remontant une rivière, réduire cet espace à 5 à 6 lieuesseulement.
Si l’on faisait un canal dans cette partie, il n’est pas douteux qu’il ne fut trèsutile au commerce du Chili et du Pérou , qui se fait actuellement par terre,quoique l’on puisse aussi passer par le détroit de Magellan ; mais le trajet par cedétroit est fort long, et peu pratiqué parce qu'il est dangereux (1).
Malgré les avantages qui résulteraient de l’exécution du canal de Panama , iln'y a pas d’apparence que l’on établisse de longtemps cette communication, paréequ’elle se trouve dans un pays très éloigné de l’Europe , que les vaisseaux qui yfont le commerce n’iraient presque jamais au-delà, qu’ils ne trouveraient pasgrand avantage à traverser cet isthme pour aller aux Grandes-Indes, le cheminpar la mer Pacifique étant beaucoup plus long que par le Cap de Bonne-Espé rance . Et, d’ailleurs, les principales marchandises que l’on tire du Chili et duPérou , l’or et l’argent, sont trop précieuses pour que la dépense d’un transportde quelques lieues par terre fasse un objet à considérer, eu égard au peu d'aug-mentation de valeur qui en résulte sur ces marchandises.
Le principal avantage que l’on en retirerait serait pour les iles de la mer duSud, avec lesquelles on pourrait établir une communication fréquente. Ces îlesse peupleraient et se policeraient en peu de temps par le commerce qu’ellesferaient avec l’Europe et les Indes .
On ne voit guère que l’isthme de Suez et celui de Panama à couper pourétablir une communication immédiate entre deux grandes mers voisines, maisil est beaucoup d’autres, non moins utiles que les précédentes, que l’on peutformer entre différentes mers éloignées.
La meilleure manière déjuger quelles sont les communications de cette espècequi sont possibles, est de considérer les chaînes de montagnes qui s’élèvent versle milieu des continents , les fleuves qui y prennent naissance, et d’observer queles plus importantes sont celles qui feraient éviter de longs circuits par mer, et