par le moyen desquelles on traverserait des pays peuplés et commerçants, sur-tout lorsque ces communications se dirigent vers les Indes-Orientales, le Levant,et les différentes parties de l’Europe où se fait le plus grand commerce del’univers.
En examinant la forme des continents de l’Asie et de l’Afrique , il ne paraîtpas que l'on puisse exécuter avec beaucoup d’avantage, dans ces deux partiesdu monde, des canaux de communication d’une mer à l’autre, en passant parleur centre. Ces deux continents sont fort larges, et il faudrait franchir des mon-tagnes considérables, qui occupent une grande étendue dans le milieu des terres,ce qui rendrait cette navigation difficile et longue.
A-peu-près vers le centre de l’Asie , est une vaste contrée élevée, qui a environ400 lieues de diamètre. Elle est cependant assez plate, et est arrosée par quel-ques rivières qui ne se jettent point dans les mers qui environnent le continent,mais qui se perdent dans de grands lacs qui se sont formés sur ce plateau. C’està l’entour de cette énorme bosse du globe que prennent leurs sources tous lesfleuves de l’Asie, qui se jettent dans les mers des Indes, du Japon , du Nord, etdans le lac aral. C’est aussi du môme plateau que partent différentes chaînesde montagnes qui s’étendent jusques aux mêmes mers. Ce continent a, d’ail-leurs , 8 à 900 lieues de largeur moyenne. La partie septentrionale qui tient àla mer Glaciale est peu habitée ; les côtes n’en sont pas même bien connues.
L’intérieur des terres n’ayant aucun fleuve navigable qui se rende dans lesmers, les habitants de cette contrée ne peuvent avoir que bien peu de relationsde commerce avec ceux qui habitent les côtes.
Quoiquede seul moyen de faire communiquer ces peuples avec ceux de l’Inde fût de former, dans ce pays, des canaux de navigation, on ne peut guère espérerque le nord de l’Asie devienne jamais assez peuplé pour que ce projet puisses’effectuer.
Il est aisé de voir, par cette description, que ces canaux seraient très difficilesà exécuter, surtout pour traverser le plateau de la Tartarie, et qu’il n’y auraitpas grand avantage à les prolonger jusqu’à la mer Glaciale, par laquelle on nepeut probablement pas communiquer avec l’Europe , à cause des glaces, et diffi-cilement avec la Chine ; ces canaux seraient, d’ailleurs, d’une longueur énorme,et les pays qu’ils traversent ne seront jamais assez peuplés pour que l’on entre-prenne avec fruit de pareils ouvrages.
On retirerait cependant d’assez grands avantages des deux canaux que I onpourrait peut-être former dans la partie de l’Asie qui avoisine l’Europe : l’un