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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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qui ferait communiquer la mer Méditerranée au golfe Persique , par le moyende l'Euplirate, et l’autre qui joindrait ce même golfe à la mer Caspienne . Il n’ya pas de grandes rivières pour former cette dernière communication, mais lepays étant, suivant le rapport des voyageurs, une plaine absolue, il serait peut-être possible de détourner une partie de l’Araxe ou du Kur, qui se jettent dansla mer Caspienne, pour leur faire prendre un cours du côté du golfe Persique ,tandis que l’autre partie continuerait son cours ordinaire. Il y a même plusieursraisons qui déterminent à croire que cette communication a réellement existélorsque les mers couvraient encore une partie des continents.

A l’égard du canal de l'Euplirate, on rencontrerait peut-être d’assez grandesdifficultés pour traverser les montagnes; mais en considérant que ce fleuve serapproche beaucoup de la Méditerranée , après un cours de plus de J00 lieues,qu’il n’est même, à cet endroit, éloigné que de 4 à o lieues de la rivière quiliasse à l’ancienne Antioche , on doit présumer que l’on pourrait diriger un canalde là à la Méditerranée . On serait sur. du moins, qu’il aurait assez d’eau: maisl'examen du local peut seul en constater la possibilité.

Une communication du lac Aral avec la mer Caspienne pourrait encore êtreintéressante, et l’exécution n’en paraît pas non plus fort difficile, puisqu’il n’y a(prune plaine entre les deux mers.

C’est encore à l’extrémité de l’Asie qu’a été construit le fameux canal de laChine , qui a eu tant de célébrité parmi les Européens qui en ont écrit. Ce canalcependant, loin de faire communiquer deux mers éloignées, s'éloigne peu descôtes de la même mer. Dans un trajet d'environ î>00 lieues, on a creusé au plus.10 lieues de canaux, le reste n’étant qu’une navigation sur des rivières et deslacs auxquels elles communiquent. Il n’y a d’ailleurs point de montagnes dansson trajet, et cependant la navigation y est fort difficile. parce que l’on ne se sertpas de sas à écluses, qui n’étaient pas encore inventés lorsqu’on a fait cet ouvrage,et qu’on n’y a pas encore appliqués.

En examinant la direction du canal de la Chine , il paraît assez évident queI on doit moins attribuer son établissement à son absolue nécessité, qu’aux dan-gers de la navigation maritime des côtes de ce royaume, ou plutôt au peu deconnaissances que les Chinois pouvaient avoir alors de la marine, puisque letrajet par mer, de Pékin à Canton, quoique plus long d’un quart, au plus, quepar le canal, s’opère sûrement dans beaucoup moins de temps. Il faut trois moispour traverser le canal depuis Canton à Pékin , et comme il n’y a que 700 lieuespar mer. il est certain qu’on peut les faire en beaucoup moins de temps. Ainsi