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Je voyais qu’il présentait des avantages qui paraissaient bien plus étendus pourlecommeree du royaume que le canal de Dijon , puisqu’il communiquait à laLoire . On transporte là toutes les marchandises qui nous viennent de l’étran-ger par l’Océan, le port de Nantes étant le plus commode pour les transporterdans le centre du royaume, à Lyon , et même dans les provinces méridionalespar le Rhône, en descendant, attendu que celles qui passent par le canal de Lan-guedoc ne peuvent qu’avec la plus grande dilliculté remonter ce lleuve, à raisonde sa rapidité; mais ce qui me parut le plus frappant par rapport au commercede la Bourgogne , c’est ce que la plus grande partie de ses vins , qui font le prin-cipal objet de ce commerce, se récoltent sur les bords de ce canal, tandis qu’ilen coûterait plus pour les voiturcr sur les ports au canal de Dijon , qu’il n’encoûte à présent pour les transporter aux ports de la Loire ; et par conséquentque si ce dernier canal était important pour le commerce général, il ne seraitpas d’une grande utilité à la Bourgogne , quoique la partie de Tonnerre àBrinon soit extrêmement importante, ainsi que celle de Dijon à la Saône .
Ce furent toutes ces considérations qui me déterminèrent à faire dans le plusgrand détail les jauges et nivellements de ce projet, afin de le comparer aveccelui de Dijon , et de mettre le public en état de juger en connaissance de causede l’utilité de ces deux projets.
A peine avais-je commencé mes opérations, que MM. les magistrats de la ville p™j-id«ca«id’Àutun , qui avaient fait faire un projet pour rendre la rivière d’Arroux navi-gable depuis cette ville jusqu’à la Loire , imaginèrent que l’on pourrait dirigerpar là un canal de communication des deux mers. La navigation de l’Arrouxétant décidée, il n’y avait plus que quinze lieues de canal à faire depuis Autun à la Saône ; et quoique l’on connût bien qu’il y aurait quelques difficultés àfaire le trajet de la chaîne de montagnes, comme il y avait dix lieues de moinsde canal à faire que par le canal de Long-Pendu, qui avait toujours passé pourle projet le plus naturel,, on avait lieu de penser qu’il pouvait y avoir de l’éco-nomie à prendre ce parti : ces considérations engagèrent MM. les Élus à faireexaminer en détail ce projet, qui offrait les mêmes avantages que celui deLong-Pendu, et de plus celui de passer par l’une des principales villes de laprovince; en conséquence je fus chargé, par délibération du 15 janvier 1778,de faire les plans, nivellements et jauges relatifs à ce projet, et d’en rendrecompte aux États.
Je commençai d’abord par lever le plan du passage que l’on m’avait indiquépar Couches, et je fis en même temps des nivellements provisoires des différents*** 17