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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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degrés où la tige de la palette s’arrête. On enduit pour cet effet cet arc avec dela cire, et lorsque toutes les divisions sont indiquées sur celle cire, on lesmarque ensuite avec une pointe.

Pour se servir de cet instrument, on met dans l’arc de laiton un petit mor-ceau d’étoffe où l’on fait un trou ; on tient l’extrémité supérieure du manched’une main, et on embrasse avec l’autre le bas du manche de la lige. On metensuite la palette dans l’eau exposée au courant, et on desserre la main peu àpeu, et en inclinant le manche afin que la lige de la palette reste toujours verti-cale. Alors le courant de l’eau, par sa pression contre la palette, fait bander leressort qui fait avancer le petit morceau de drap. On ôte ensuite la palette del’eau, et tirant la partie supérieure de la tige jusqu’à ce qu’elle touche le mor-ceau de drap, on voit jusqu’à quel degré elle a fait bander le ressort, par oùl’on connaît la vitesse mesurée.

On voit que, par cette construction, l’instrument ne peut pas être faux, puis-que les degrés ne sont marqués que par l'expérience. Dans l’usage, il faut avoirattention de ne desserrer la main que peu à peu, sans quoi la palette ferait beau-coup d’oscillations, surtout lorsqu’elle commence à recevoir le choc. Elle en faitbien encore, par la raison que le mouvement de l’eau n’est pas toujonrs uni-forme , mais le morceau de drap marque la plus grande vitesse, et il est aisédevoir à l’œil la moindre, et de conclure la vitesse moyenne à la moitié del’intervalle entre ces.extrêmes, lorsque le mouvement est uniforme, et plusprès de l’un que de l’autre, suivant que ce mouvement laisse plus longtemps latige d’un côté que de l’autre. Au reste, il arrive souvent que ce mouvementest peu sensible, ou du moins qu’il ne dure pas longtemps. L’instrument dontje me suis servi pourrait mesurer jusqu’à une vitesse de l,9o mètre parseconde;mais les grandes vitesses auraient trop tourmenté l'instrument, et les petites nesont pas assez sensibles pour s’en servir. Dans tous les cas, il faudrait changerde palette, ou la diminuer de moitié dans les courants rapides, et l’augmenterdu double dans les ruisseaux qui ont peu de vitesse : alors les mêmes divisionspourront servir. On voit aisément que l'on peut, par cet instrument, mesurerla vitesse de l’eau à toutes sortes de profondeurs, et même dans les grandesrivières. Mais, dans ce cas, pour que le bateau d’où l’on mesure ces vitesses nechange rien au mouvement de l’eau, on éloignera l’instrument du bateau enrattachant solidement à une longue perche ; et, pour empêcher ses vibrations ,il faut d’abord mettre la palette dans l’eau en la couchant, parce qu’alors lechoc est moins considérable: on la relèvera ensuite peu à peu; il faut aussi avoir

Esagc tic celinslru-ment.