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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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bien attention de ne pas faire avancer la palette contre le courant, parce quela vitesse paraîtrait plus grande. On a remarqué que le bas de la tige était fait encouteau, pour que le choc de l’eau contre cette partie n’occasionne pas de rc-moux, ni d’effet sensible pour la pression.

Cet instrument m’a paru très commode par l’usage. Mais, comme je ne l’avaispas inventé d’abord, ni perfectionné, je me suis servi pour faire la plupart desjauges de la méthode ordinaire de laisser flotter sur l’eau un petit morceau debois blanchi, et de compter le nombre de secondes qu’il emploierait à parcourirun certain espace. J'ai reconnu, par comparaison, cette méthode assez juste,lorsque les ruisseaux avaient une certaine profondeur de 20 à 50 centimètres ;mais lorsqu’ils sont fort larges, et qu’ils n’ont que 6 à 7 centimètres de profon-deur, il est certain qu’il y a une grande diminution de vitesse dans le fond. Ona eu attention de faire chaque opération au moins trois fois, et de prendre lamoyenne entre les deux vitesses, qui étaient les moins différentes entre elles.On a pris aussi plusieurs profils des ruisseaux, en choisissant les endroits où lalargeur du ruisseau était étroite et à-peu-près uniforme, et lorsqu’on ne trou-vait que des bords irréguliers, on les faisait arranger à la pioche. On a pris desprofils moyens, après en avoir mesuré au moins trois pour chaque opération.

On a marqué pour toutes ces jauges, non pas le résultat moyen des troisopérations, mais la moyenne entre les deux expériences qui étaient les moinsdifférentes entre elles.

Une difficulté des plus considérables que l’on ait éprouvées pour ces jauges,c'est que la plupart des ruisseaux qu’on a jaugés sont au-dessous des moulins, etquelquefois au-dessous de deux ou trois moulins les uns au-dessus des autres,qui tantôt vont ensemble ou séparément, ou cessent entièrement. Il y a parconséquent une variation considérable chaque jour dans le produit de ces ruis-seaux. Il est meme fort différent, à certaine distance des moulins, lorsqu il estpris peu de temps après que les vannes sont levées, ou lorsqu’il est pris longtempsaprès. Comme tous ces moulins tirent leurs eaux des étangs, il n’est pas possibleici, comme dans des biefs ordinaires, de faire lever toutes les pelles et de mettreles biefs à sec, puisque la plupart des étangs sont très considérables, et que l’eauseule de ces étangs peut faire aller des moulins pendant plusieurs mois sans êtrerenouvelée. L’étang de Long-Pendu fait aller le fourneau pendant trois ou quatremois durant l’été, où il ne reçoit point d’eau. On s’est servi de plusieurs moyenspour tous ces objets; on a pris les jauges lorsque le moulin n’allait pas ; on lesa aussi prises lorsqu’il allait, et en s’informant combien le moulin allait de temps