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que ces eaux fourniront à la navigation la plus fréquentée qui puisse s’établirsur ce canal.
M. le comte de Brancion, colonel d’infanterie, et M. le chevalier de Brancion,son frère, capitaine dans le corps du génie, avaient, dans le même temps, de-mandé au gouvernement le privilège de former une compagnie pour l’exécutionde ce même projet, qu’ils avaient aussi examiné, et dont ils avaient fait de leurcôté des nivellements et des estimatifs. En conséquence de leur demande, leconseil chargea M. Aubri, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées de Bresse ,d’en faire la vérification en employant les recherches nécessaires à cct objet (1).
MM. de Brancion ayant eu alors connaissance du travail détaillé que j’avaisfait de ce projet, l’adoptèrent en entier, et demandèrent à M. de Baquencourt,intendant de Bourgogne , de faire faire cette vérification sur mes plans, nivelle-ments, jauges et devis. En conséquence, M. Aubri se rendit sur les lieux pen-dant les mois d’octobre etnovembre de l’année 1778. Il jaugea toutes les eaux quej’avais projeté de conduire au point de partage. Il fit des nivellements depuis cepoint de partage jusqu’aux endroits où j’avais indiqué que se ferait la prise deces eaux, et il trouva que ces ruisseaux étaient assez élevés au-dessus des étangsde Long-Pendu pour que les rigoles eussent 40 à KO centimètres de pente parkilomètre. Il constata que la quantité d’eau moyenne que l’on pouvait conduirepour la navigation du canal montait à 6,657 pouces et 2,000 pouces en été. Ilreconnut aussi que le terrain où passent les rigoles, quoique de nature sablon-neuse, était un granit pourri et décomposé qui, en s’unissant avec la terre enculture, devient très propre à résister aux filtrations, ainsi que l’on en peut jugerpar la quantité d’étangs qui existent dans ce canton.
M. Aubri fit aussi vérifier toute la pente de la Bourbince, celle de la Dheuneayant déjà été constatée par un procès-verbal de M. de Bégemorte, qui avaitfait faire le nivellement de cette rivière relativement au flottage que l’on voulaity établir. Ensuite il examina les devis, détails estimatifs et'autres mémoires quej’avais fournis relativement à ce projet, et il conclut dans son rapport que l’onne peut établir d’une manière plus évidente la possibilité d’une navigation floris-sante , en suivant le cours de la Bourbince et de la Dheune.
M. Hue ayant ensuite été chargé d’examiner les devis, plans et détails de ceprojet, ainsi que les observations de M. Aubri, cet inspecteur-général en fit sonrapport dans le courant de mars dernier, dans une assemblée des ingénieurs chez
(1) Voyez les observations de M. Aubri du 15 janvier 1779.