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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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semcnts se réduisent à peu de chose, par la précaution que l’on a eue de placertoutes les écluses au-dessus des inondations des rivières, de ne faire que peu detranchées profondes, et seulement dans des terrains dont la qualité est connue.

On a compris un dixième du prix des ouvrages pour le bénéfice des entrepre-neurs , sans avoir égard au rabais qu’ils font ordinairement dans les délivrancesdes ponts et chaussées qui passent fort ordinairement ce dixième, surtoutlorsque les ouvrages sont considérables, parce qu’alors un bénéfice d’un ving-tième ou d’un trentième fait un plus gros objet qu’un bénéfice d’un dixième ouun huitième sur une médiocre entreprise.

Tous les détails estimatifs et tous les prix ayant d’ailleurs été vérifiés sur leslieux et dans les carrières par M. Aubry, qui dans son rapport certifie qu’ils ontété portés à leur juste valeur, il ne peut y avoir aucun doute à cet égard ; et siM. Hue a dit que cette dépense pourrait aller à huit ou dix millions au lieu desept, c’est probablement qu’il n’a pas fait attention que l’on avait porté dansl’estimatif plusieurs sommes en augmentation pour tenir compte de tous les•cas imprévus, et que l’on a eu soin de porter l’estimation plutôt trop haut quetrop bas, afin de n’induire en erreur ni le gouvernement ni les actionnaires.

Le canal dont il est question étant pour le moins aussi important que celuide Languedoc, l’ingénieur, chargé de faire le devis, a cru devoir se modeler surla perfection où les ouvrages de ce canal ont été portés depuis sa construction,et éviter tous les inconvénients qu’il avait auparavant, et auxquels on a remédiépeu à peu, quoiqu’ils ne soient pas encore corrigés en entier. Il a suivi pour laplus grande partie la manière dont les ouvrages se font actuellement, et quoiqu’ileût pu se restreindre naturellement aux mesures du canal de Briare, qui n’estqu’une suite du canal du Charolais, il a pensé que le commerce de ce canaldevenant plus considérable par la construction de celui-ci, les propriétaireschercheraient, ainsi que l’ont fait ceux du canal de Languedoc , à lui donner laperfection dont il est susceptible, comme ils ont déjà commencé à le faire depuisplusieurs années.

En conséquence, on a projeté de donner au canal du Charolais 16,24 mètresde largeur sur 1,9a mètre de profondeur d’eau, quoique celui de Briare n'aitmoyennement que 8 à 12 mètres de largeur, et 1,5 à 1,6 mètre d’eau. On n"apas été arrêté par le peu de charge que l’on est obligé de donner la plupart dutemps aux bateaux de la Loire, parce que l’on compte proposer au gouverne-ment un moyen peu dispendieux ne rendre la navigation de celte rivière aussicommode que celle des rivières les plus navigables.