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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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On a fait les ponts du canal assez larges pour pouvoir construire par dessousun trottoir, afin d’y faire passer les chevaux, et par ce moyen ne causer aucunretard à la navigation ; on a projeté tous ces ponts en pierre, et il n’y a aucunchemin finerot, de quelque peu d’importance qu’il soit, sur lequel on n’en aitdésigné : on en a même fait pour la desserte seule des héritages. On a proposédes aquéducs sous le canal pour y faire passer généralement tous les ruisseauxqui se jettent actuellement dans la Dheuneet la Bourbince, du côté où ce canalest construit , afin d’éviter absolument l’inconvénient qui existe encore dansplusieurs parties du canal de Languedoc, dans ceux de Briare, d’Orléans , etsurtout à celui de Loing, où l’on se sert en plusieurs endroits de la rivière, qui yamène des sables et de la vase, dont l’enlèvement fait un objet principal de sonentretien. Enfin on a cru qu’il ne fallait rien négliger pour la plus grande utilitédu commerce et de l’agriculture.

Si l’on ne voulait donner à ce canal que les dimensions de celui de Briare, ettraiter les ouvrages dans le même genre, il n’est pas douteux que l’on ne putréduire la dépense à moins de six millions, et même à beaucoup moins, si l’onvoulait se servir d’une partie du lit de la Bourbince.

Les dédommagements pour les terrains occupés par le canal ont aussi été portésaux plus hauts prix, et d’après un détail exact et circonstancié de la valeur desdifférentes espèces d’héritages, prises sur des informations scrupuleuses faitesdans le pays, et un arpentage général fait sur les plans détaillés de l’emplacementdu canal, des rigoles, et des réservoirs du point de partage. On aurait pu même,pour restreindre la dépense de ces dédommagements, donner moins de largeuraux francs bords sur lesquels on déposera les déblais du canal ; mais il auraitfallu leur donner plus de hauteur, et donner aux levées de grands talus toujourssujets à dégradations D’ailleurs ces francs bords étant cultivés et les remblaisdonnant beaucoup de fonds à ces terrains, ils produiront davantage que dansleur état actuel.

Mais ce qui doit achever de démontrer invinciblement que le canal du Charo-lais ne coûtera pas môme ce qu’il est estimé, ce sera la comparaison que l’on ferade sa dépense avec celle du canal de Dijon (1), où l’on verra qu’ayant égard aux

(I) Comparaison de la dépense du canal de Dijon avec celui du Charolaù.

La longueur totale du canal de Dijon est de 248624 mètres, faisant cinquante-trois lieuesde 4678 mètres, y compris 8966 mètres que M. Perronct lui donne de plus que M. Abeilledu côté de l’Yonue. La longueur du canal du Charolais est de 114095 mètres, faisant vingt-